Publié le 31/05/2026 23:23

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Quelles solutions apporter dans les zones rurales, où les habitants se sentent souvent oubliés par l'État ? Direction ce dimanche 31 mai Saint-Claude, dans le Jura. Maternité, commerces, transports en commun... Les résidents voient leur quotidien se dégrader.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité. Dans le Jura, Saint-Claude compte 8 500 habitants. La ville, comme beaucoup d'autres, est touchée par la disparition de ses services publics et ses commerces de proximité. Quelles conséquences au quotidien ? À Saint-Claude, la maternité de l'hôpital est fermée depuis 2018, notamment pour des questions de budget. Les futures mamans doivent depuis faire beaucoup de routes pour accoucher. En septembre 2025, Aurore Passot, aide-soignante, n'est pas arrivée à temps à la maternité d'Oyonnax (Ain), à 40 minutes de voiture. Elle a dû donner naissance à son fils sur le parking de l'hôpital, malgré l'aide de son mari. "Il s'est arrêté sur le parking de l'hôpital. Le premier aller-retour, il a demandé un fauteuil. Il est revenu. Moi, j'ai dit : Je peux plus m'asseoir, je peux plus marcher, je peux plus rien faire. Il est reparti. Il a dit : Il faut un brancard. Il est revenu, et [Liam] était là", raconte-t-elle. Elle a donc accouché seule dans sa voiture. Ce jour-là, heureusement, pas de drame, mais un sentiment d'abandon, amer, pour la mère de famille : "On n'a plus rien. La maternité, on n'a pas. Si on a une urgence après pour la pédiatrie, on n'a pas. On est obligé d'aller à Oyonnax ou à Lons, donc, il faut faire vite. Ça veut dire plus de risques, si on doit aller loin. Il y a un risque pour la maman et pour le bébé, si ça ne se passe pas bien."Le sentiment d'abandon passe aussi par une collecte des ordures qui ne se fait plus à domicile. À 74 ans, Marie-Christine Guillemin descend ses poubelles deux fois par semaine, mais les premiers conteneurs sont à plusieurs centaines de mètres de chez elle. C'est encore plus difficile sous la chaleur. "Moi, j'ai du mal à marcher, comme je suis diabétique. Je ne peux pas marcher bien longtemps. En plus, il faut que j'équilibre", montre-t-elle. Elle s'inquiète déjà des futures années, lorsqu'elle aura plus de mal à se déplacer. Elle a le sentiment que son quartier est oublié. "On est délaissés dans le quartier, parce que c'est tout pour le centre. Et nous, on paye les impôts comme les autres", avance-t-elle. Même constat pour son voisin. Installé ici depuis 40 ans, l'ancien chauffeur de bus ne voit plus beaucoup ses anciens collègues passer devant chez lui. "Avant, on avait des bus qui passaient sans arrêt. Maintenant, on n'en a plus un, soi-disant qu'il n'y a plus de gamins. Mais des personnes âgées, elles font comment ?", lance-t-il. Désormais, le service se fait à la demande.À Saint-Claude, la population a baissé de 30% au cours des 15 dernières années. Dans le centre-ville, les commerçants en souffrent. C'est ce qu'a constaté Faustine Jauffret, gérante de la librairie Zadig. "On a dû alerter en début d'année sur un petit peu des difficultés, de vente, de clientèle. Un commerce qui commence un petit peu à souffrir en fait", résume-t-elle. L'un des problèmes selon elle est le nombre de boutiques fermées dans sa rue : 30% des locaux commerciaux sont vacants au total à Saint-Claude. "Là c'est un départ en retraite, c'est un magasin qui fonctionnait, mais il n'y a pas de repreneur derrière. En face, ça vient de fermer aussi. Ça pèse vraiment sur l'image de la ville, et sur tout ce qu'on peut proposer aux clients. On aimerait que nos clients puissent venir à Saint-Claude et avoir tout ce qu'ils veulent. La nourriture, le livre, se faire un bon resto... Moins il y a de commerce ouverts, moins ils ont cette offre-là", poursuit-elle. Elle espère aujourd'hui que la municipalité saura redonner de l'attractivité. Mais comment répondre à tous ces besoins quand les dotations de l'État ont diminué de 7 millions d'euros au cours des sept dernières années ? C'est la mission que s'est fixée le nouveau maire (DVG) de la ville, Frédéric Poncet : "Il faut qu'on soit au rendez-vous de ces besoins-là, parce que plus on saura y répondre et plus on redonnera confiance aux habitants d'être bien dans leur ville. Et de vouloir y travailler, de vouloir y vivre, de vouloir que leurs enfants grandissent ici."Un enjeu pour Saint-Claude et pour des milliers d'autres communes : sept Français sur dix restent très attachés à leurs services publics.