Publié le 31/05/2026 22:57
Mis à jour le 31/05/2026 22:58
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La France rêve d’être l’un des pôles planétaires du secteur de l'IA, aujourd’hui dominé par les États-Unis. La société Anthropic a lancé son modèle, Claude, accessible à tous et considéré comme l'un des plus puissants du marché. Il est désormais au cœur d’enjeux stratégiques et éthiques avec Washington.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Au cœur de San Francisco (États-Unis), derrière des façades anonymes du centre-ville, une société est devenue l'une des plus puissantes au monde : Anthropic affole les marchés financiers. Cette semaine, l'entreprise a atteint les 900 milliards de valorisation, soit près de 800 milliards d'euros, détrônant ses rivaux de la Silicon Valley.Comme OpenAI avec ChatGPT ou Google avec Gemini, Anthropic propose un robot d'intelligence artificielle en ligne. Son nom, Claude, est considéré comme l'un des plus puissants du marché. "Sa particularité, c'est qu'il peut, à partir de quelques instructions seulement, vous créer un logiciel ou une application. Et les lignes de code défilent à une vitesse vertigineuse", explique Franck Genauzeau, de France Télévisions Washington.Un outil très efficace aussi dans l'analyse en temps réel de données. Tellement efficace que le logiciel est utilisé jusque sur les ordinateurs les plus sécurisés du Pentagone. Pourtant, en début d'année, le ministre de la Défense a menacé de bannir Anthropic, accusé de ne pas mettre toute sa technologie au service de l'armée. Donald Trump en personne s'en est mêlé : "Anthropic ferait mieux de se ressaisir et de nous aider, sinon j'utiliserai toute la puissance de la présidence pour m'en assurer."Quelques jours auparavant, l'armée américaine s'est servie de Claude au cours de son opération pour arrêter le président vénézuélien Nicolas Maduro. Mais Anthropic, qui n'a pas été tenu au courant, réclame alors la mise en place de garde-fous éthiques. "L'IA n'a pas le jugement d'un soldat humain. On ne veut pas vendre une technologie qui ne nous inspirerait pas confiance ou qui pourrait mettre en danger nos troupes ou tuer des innocents", a déclaré Dario Amodei, le PDG d'Anthropic.Anthropic veut la garantie que son logiciel ne choisira pas seul ses cibles, et qu'il ne sera pas utilisé pour de la surveillance de masse. Preuve de son influence grandissante, cette semaine, la société s'est rendue au Vatican pour murmurer à l'oreille du pape. "L'intelligence artificielle doit être désarmée", a déclaré le souverain pontif. Anthropic est en position de force, car son tout nouveau logiciel de cybersécurité aurait jusqu'à 18 mois d'avance sur ses concurrents, une éternité à l'échelle de l'IA. "Cette avance est cruciale pour protéger nos systèmes informatiques avant que les Chinois ou les hackers ne rattrapent leur retard", estime Gregory Allen, spécialiste de l'intelligence artificielle. Une carte maîtresse dont la sécurité américaine peut difficilement se passer. Il y a quelques semaines, le patron d'Anthropic a été vu à la Maison-Blanche, où un compromis serait à l'étude.











