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ReportageCernée par les colonies juives, la ville de Taybeh, en Cisjordanie, se vide de ses habitants chrétiens, dont l’accès à leurs terres agricoles, à leurs ressources et parfois à leurs habitations se restreint jour après jour. A Jérusalem, l’agression d’une religieuse témoigne d’une tension croissante.
« Jésus-Christ est venu se réfugier ici avant sa mort. Mais ce lieu n’a aujourd’hui plus rien d’un refuge, pas même pour ses propres habitants. » Curé de la paroisse latine de Taybeh, Bashar Fawadleh convoque sans ironie l’histoire biblique de la localité palestinienne – l’ancienne Ephraïm pour décrire le quotidien auquel est soumise la petite ville, située à 30 kilomètres au nord de Jérusalem : « Des attaques incessantes de colons juifs protégés par l’armée israélienne. »
Depuis son église du Christ-Rédempteur, au clocher encadré par un drapeau palestinien et une bannière du Vatican, le curé de 38 ans décrit, en cette fin du mois de mai, une ville en état de siège : des demeures vidées de leurs habitants, des terres perdues, une communauté figée dans la peur et la disparition progressive des chrétiens de leur terre historique. Ils ne représentent plus qu’à peine 2 % de la population des territoires palestiniens.











