Publié le 30/05/2026 21:19

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Le bruit reste depuis plusieurs décennies une vraie question de santé publique. Dans de nombreuses communes et certains quartiers, vivre à proximité de ces nuisances peut devenir un enfer.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Le bruit est un calvaire pour Corinne Curial, une habitante d'Aytré (Charente-Maritime). Quand elle s'est installée il y a 26 ans, l'usine voisine, qui construit des trains, était silencieuse. Depuis deux ans, des broyeuses utilisées pour le recyclage tournent toute la journée. "C'est un bruit métallique, c'est un bruit de raclement, c'est la ferraille en permanence qui est broyée. Nous, on demande juste à ce qu'il soit repoussé du site un peu plus loin, à 500 mètres", demande-t-elle. Le fracas perturbe l'interview de l'équipe de France Télévisions. L'usine affirme avoir édifié un mur antibruit avec une palissade en bois pour limiter les nuisances sonores. "Pour moi c'est pas un mur antibruit, c'est un brise-vue. On ne peut pas voir ce qui se passe de l'autre côté, certes, mais on entend", nuance Corinne Curial. Avec ses voisins, exaspérés, elle veut se faire entendre. Elle lance une pétition adressée au directeur de l'usine, et ils envisagent de déposer plainte. Partout en France, des riverains sont excédés. Près de Toulouse à Carbonne (Haute-Garonne), Julie Philippon, elle, porte un casque antibruit dès qu'elle se lève, même dans sa cuisine. "Je suis tout le temps sollicitée par ce bruit. C'est non-stop du matin au moment où on se lève, jusqu'au moment où on se couche", assure-t-elle. Le bruit sourd provient de l'usine installée derrière son jardin. L'entreprise stocke les blocs de béton qui servent à construire le métro de Toulouse. Elle fonctionne 24 heures sur 24, samedi compris. "Profiter du jardin, c'est le plus possible. Alors qu'on a fait exprès de venir s'installer ici pour fuir les bruits de la ville", déplore-t-elle. Dans la banlieue de Saint-Etienne à Andrézieux-Bouthéon (Loire), une usine s'est carrément installée au milieu de plusieurs lotissements, il y a quatre ans. Un millier d'habitants subissent des nuisances. La ville de Johan Abate est devenue un enfer. Il habite juste en face de l'usine qui recycle des déchets. "C'est invivable au quotidien. Fenêtre ouverte, on entend. Si on veut simplement faire une sieste ou quand les petits sont en vacances, c'est invivable, au quotidien. C'est des bruits métalliques. Le bruit du métal creux, comme si on lançait des casseroles par terre", décrit-il. Depuis sa maison, il enregistre les bruits, plus ou moins fort selon les jours. Une preuve de ce qu'il dénonce. Ils peuvent aller jusqu'à 90 décibels, l'équivalent du passage d'un train. Il y a le bruit, mais aussi la fumée et la pollution. Les nuisances sont invivables pour toute la famille. Sa femme avait installé son cabinet d'esthétique dans la maison. "Elle a été obligée de quitter les lieux, parce qu'elle ne supportait plus le bruit. Huit heures par jour dans ces conditions-là, avec ce bruit-là, elle n'en pouvait plus", raconte celui qui est également président de l'association de riverains d’Andrézieux-Bouthéon. L'un de ses voisins, Franck Valla-Dury, habite encore plus près de l'usine, juste de l'autre côté de la route. Des centaines de tonnes de déchets métalliques sont broyés ici, en plein air. Insupportable pour lui, jusqu'à penser à déménager : "J'ai pensé de vendre la maison, et partir ailleurs pour être au calme. Mais je suis obligé de dire aux acheteurs, attention, il y a une usine de recyclage derrière. On ne peut pas cacher ça, en fait. Je pense que ça va être difficile de vendre."Plusieurs voisins ont déjà déménagé à cause du bruit. Pour le maire (SE), François Driol, c'est un dossier empoisonné. Avec la préfecture, il a tout essayé en vain. "On ne pourra pas arriver à une solution convenable et durable sur ce site, donc il faut déménager l'entreprise", demande-t-il. Contactée, l'entreprise affirme respecter les normes de bruit en vigueur et n'avoir reçu aucune plainte. Le dossier est dans l'impasse.