Le documentaire “Maternité sous écrou” propose une immersion rare auprès de femmes écrouées avec leurs bébés. À voir samedi 30 mai à 21h, sur Public Sénat. En prison, les bébés restent jusqu’à l’âge de 18 mois avec leurs mères détenues. L’administration pénitentiaire fournit leur habillement. Photo Injam Production, Public Sénat et Télé Bocal Par Marie-Joëlle Gros Publié le 30 mai 2026 à 14h30 La gardienne de prison ouvre une cellule. À l’intérieur, pas de détenues, mais des étagères chargées de vêtements pour nourrissons et très jeunes enfants. Bodies, pyjamas, grenouillères, gigoteuses… On est bien loin d’une boutique Petit Bateau. C’est un vestiaire de fortune, aménagé dans cette cellule vide par le personnel pénitentiaire, pour fournir aux jeunes mères incarcérées les affaires nécessaires pour leurs enfants. Jusqu’à l’âge de 18 mois, les bébés peuvent en effet rester auprès de leurs mères, rappelle le documentaire Maternité sous écrou, diffusé sur Public Sénat. Mais celles-ci n’ont ni le droit d’accepter les cadeaux de naissance de leurs proches ni les moyens d’acheter ce matériel qui, d’ordinaire, fait fondre les futurs parents et leurs familles. En prison, rien de tout cela. L’administration se charge de distribuer le strict nécessaire. Il provient de ses réserves et d’associations qui viennent en soutien aux détenus. « Des mamies tricotent comme autrefois des ensembles jaune pâle au crochet : petit pantalon à bretelles, gilet à manches longues et chaussons assortis », raconte Chloé Audrain, la coréalisatrice du film. À lire aussi : Et si on se libérait des idées reçues sur les prisons Les trois mères au centre du documentaire ne sont pas des privilégiées. Si la pénitentiaire fait ce geste, ce n’est pas par générosité ou attendrissement excessif, mais uniquement pour « le bien-être de l’enfant », seul motif autorisé pour fournir gratuitement vêtements, hochets et couches-culottes. L’univers attendrissant de la maternité se cogne aux murs de la prison. Ces pièces de vestiaire un peu datées qui ont réussi à passer à travers les lourdes portes à écrou apportent malgré tout humanité et innocence au cœur de ces vies enfermées. Dans les rayonnages de la nurserie, on aperçoit les livres de Laurence Pernoud — J’attends un enfant et J’élève mon enfant —, longtemps best-sellers, aujourd’hui souvent jugés trop conservateurs par des femmes qui s’informent majoritairement avec leurs téléphones portables. Le public libre, consommateur de gadgets et de layette craquante pour nouveau-nés, prend alors conscience, par l’ingénuité du détail, de sa liberté. Maternité sous écrou, documentaire de Chloë Audrain et Nathaël Rusch. Sur Public Sénat samedi 30 mai à 21h. Lire notre critique “Maternité sous écrou”, une immersion rare auprès de mères incarcérées avec leurs bébés Télévision prison Documentaire Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner