Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Israël/Palestine Israël/Palestine Israël/Palestine Porté par une idéologie messianique, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a bureaucratisé le processus de la colonisation en Cisjordanie depuis fin 2022. Dans un entretien au « Monde », le directeur d’une grande organisation pacifiste rappelle qu’une majorité de l’opinion publique israélienne ne soutient pas cette politique. Read in English Article réservé aux abonnés Lior Amihai est directeur exécutif de La Paix maintenant, une organisation non gouvernementale israélienne qui documente, depuis des décennies, les processus de colonisation juive en Cisjordanie. L’association, régulièrement attaquée par les colons, suit à la fois les opérations sur le terrain et le fonctionnement des rouages politiques et bureaucratiques. La colonisation de la Cisjordanie est une politique de longue date de l’Etat d’Israël. Quels ont été les changements majeurs depuis l’arrivée, en décembre 2022, du sixième gouvernement de Benyamin Nétanyahou ? Un changement majeur est intervenu depuis 2022. Cette évolution a été éclipsée par les autres crises en Israël, notamment la guerre à Gaza en riposte à l’attaque du 7 octobre 2023. Tout au long de cette période, pourtant, le gouvernement a mené un programme systématique visant à annexer les territoires. Sans en déclarer officiellement l’annexion, il déploie d’importantes mesures pour la réaliser de facto, notamment par des changements juridiques. Depuis 1967, le consensus veut que l’occupation soit temporaire et que ce soit l’armée, et non le gouvernement d’Israël, qui administre le territoire occupé. Selon le droit international, la puissance occupante n’est pas autorisée à établir de nouvelles colonies, sauf pour des besoins de sécurité immédiats ou les nécessités de la population locale, à savoir les Palestiniens. Ces principes ne sont pas respectés depuis longtemps, mais les mesures prises par la coalition actuelle se sont révélées bien plus significatives que les violations passées. Le gouvernement a retiré des compétences à l’armée pour les transférer à une administration civile dirigée par Bezalel Smotrich [extrême droite religieuse], au sein du ministère de la défense, pour laquelle ont été recrutés des conseillers juridiques et des bureaucrates. Cela entraîne trois types de conséquences. Il vous reste 80.73% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.