Le journaliste de France Inter a publié ce printemps “Derrière les arbres”, un récit bouleversant sur les viols dont il a été victime dans son enfance. Bien que les agresseurs ne soient pas nommés, l’un d’entre eux a porté plainte. Dans son livre, Frédéric Pommier relate les viols répétés qu’il a subis entre 4 et 7 ans. Photo Astrid di Crollalanza Par Emma Defaud Publié le 29 mai 2026 à 16h17 Quarante ans de doutes, de douleurs, d’idées noires avant de sortir de l’amnésie traumatique. Quarante ans d’errance, puis les mots, puis le livre. Dans Derrière les arbres, le journaliste de France Inter Frédéric Pommier relate les viols répétés qu’il a subis entre 4 et 7 ans par quatre hommes différents. Un récit littéraire « intense, inoubliable, d’une absolue, bouleversante et crâne sincérité », écrivait notre critique à la parution en avril. Désormais attaqué pour dénonciation calomnieuse, Frédéric Pommier ne tremble pas. « À partir du moment où on décide de prendre la parole, rien ne peut nous ramener au silence », dit-il à Télérama. Un livre, comme « une prise de pouvoir » sur les agresseurs, nous racontait-il à la sortie du livre. Le journaliste est pourtant la cible d’une plainte de la part de l’ancien maire d’Alençon Joaquim Pueyo. Selon l’avocat de l’ex-élu, « des médias avaient identifié M. Joaquim Pueyo comme cible de ces accusations », relate France Info. Frédéric Pommier a pourtant veillé à ne jamais donner son identité. « Ne pas le nommer est une manière d’acter que j’ai coupé le fil avec lui. Il ne me tient plus. Aujourd’hui, je suis plus fort que lui. » Pas suffisamment pour éviter les recoupements. Le 21 mai, Ouest-France dévoile que Joaquim Pueyo a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et pourrait aussi poursuivre en diffamation. Son avocat parle de « préjudice permanent ». Frédéric Pommier a réagi jeudi sans, une nouvelle fois, donner l’identité du plaignant. « Comme quand j’avais 7 ans, l’un de mes agresseurs tente de me réduire au silence, écrit-il sur les réseaux sociaux. Mais dorénavant, j’habite au-dessus des arbres. Je n’ai plus peur de lui. Je ne me tairai pas. Ce livre est ma victoire et je suis sorti de la nuit. » Aujourd’hui, l’énergie de l’auteur est augmentée du « nombre colossal de témoignages reçus, du nombre infini de ceux qui racontent leur propre histoire ». Le journaliste a été « bouleversé » par ces victimes qui trouvent enfin leurs mots pour raconter leur histoire, ou décident de porter plainte en refermant le livre. « J’ai intégré que c’est aussi la parole de ceux qui ne peuvent pas la prendre, alors je me sens à ma place. » À lire aussi : Frédéric Pommier, victime de viols, sort du silence sur France Inter : un moment de radio bouleversant Société Livres Radio & Podcasts Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner