Publié le 28/05/2026 22:43

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Pilonné par des missiles et des drones iraniens pendant plusieurs semaines, Dubaï, qui représentait la cité des rêves pour des millions d'expatriés, a perdu beaucoup dans la guerre. L'émirat essaye aujourd'hui de se reconstruire.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.De l'autre côté de ce bras de mer, en Iran, à 150 kilomètres à peine, les tensions militaires avec les États-Unis reprennent. Mais à Dubaï (Émirats arabes unis) le calme est revenu, avec même le retour de quelques touristes, comme des Français venus de l'île pour dix jours de vacances. Ils avaient réservé leur séjour avant le début de la guerre et ont bien failli ne jamais voir Dubaï. "J'ai dit : on annule tout, je ne veux pas prendre de risque. Et il m'a dit : mais non, attends un peu. On va voir comment ça se passe jusqu'à ce que l'agence nous appelle et nous confirme qu'on pouvait partir", raconte la femme. Ils font probablement partie des premiers touristes français de retour à Dubaï. Car officiellement, les Émirats arabes unis sont toujours classés en zone orange, déconseillés par le quai d'Orsay. De nombreuses zones d'habitude bondées restent vides, comme sur la Marina. Stéphanie Neuer, fondatrice de SCN Travel & Morer, attend désespérément le retour des compagnies aériennes européennes. "Sans avion, pas de touristes. Emirates est de retour à pleine capacité. Donc on espère que les autres compagnies aériennes vont suivre sous peu", dit-elle. Elle conduit l'équipe de France Télévisions dans un restaurant français toujours ouvert, "La Brasseria", mais presque vide. Le chiffre d'affaires de David Croiser, le chef pâtissier, a plongé d'au moins 40%. Pour lui, la solution tient en un mot : "Il faut la paix, point. Ça s'arrête là. Il n'y a que la paix qui va faire que les touristes reviendront. On sait que ça reviendra. C'est cette histoire de paix, c'est tout."Selon des estimations d'agents spécialisés, le manque à gagner dans le tourisme s'élève déjà à plusieurs centaines de millions d'euros. Plusieurs établissements, parmi les plus prestigieux, ont préféré fermer officiellement pour des travaux de rénovation. "C'est un des symboles de Dubaï. Le Burj Al Arab est aujourd'hui complètement fermé. Il faut dire que l'hôtel avait été touché par un drone iranien au début de la guerre. Aujourd'hui, ce sont au total une dizaine de palaces comme celui-ci à Dubaï qui sont fermés, faute de clients", indique Nicolas Bertrand, envoyé spécial à Dubaï. Avant la guerre, on comptait également plus de 45 000 expatriés français à Dubaï. Plusieurs milliers d'entre eux seraient partis, mais la majorité est toujours là. Les premiers signes de reprise économique apparaissent depuis quelque temps, particulièrement dans l'immobilier. Une famille de Toulousains vit à Dubaï. Malgré les événements récents, ils ont décidé d'y acheter un appartement, persuadés que l'émirat se relèvera très vite. "Aujourd'hui, on a pu tester le modèle de Dubaï, des Émirats. On a vu les efforts qui ont été mis en place et qui ont porté leurs fruits pendant le conflit, qui ont maintenu la paix", commente Jean-Philippe Diez, commercial dans l'aéronautique. "On a quand même tout un travail de réassurance à faire. C'est assez logique. Une ville qui est touchée par la guerre, c'est jamais quelque chose de simple à envisager", avance de son côté Camille Blanco, agent immobilier chez dubai-immo.com. Dubaï attire aujourd'hui de nouveaux investisseurs en quête de bonnes affaires. Un pari sur l'avenir, au milieu d'un Moyen-Orient incertain.