Des fenêtres soufflées par les explosions, des débris qui jonchent le perron, et un immeuble entier méconnaissable. L'attaque, mercredi 27 mai, d'un bâtiment de la Banque centrale russe à Sébastopol, en Crimée, n'a pas fait de blessés. Mais selon le gouverneur de la ville, Mikhail Razvozhayev, les tirs de drones ukrainiens et de missiles Storm Shadow - de fabrication britannique - ont provoqué un grave incendie dans ce bureau régional.Depuis le début de la guerre en février 2022, l'Ukraine bombarde régulièrement des cibles situées côté russe, en particulier des infrastructures énergétiques, afin de priver Moscou de ses revenus. Pour la première fois également, Kiev est parvenu à atteindre cette semaine ce siège important de la Banque centrale - un coup dur pour la Russie.La veille, Moscou, réagissant à ces tirs réguliers, venait d'adopter une loi autorisant sa Banque centrale et d'autres institutions financières à utiliser leurs propres systèmes de défense et à armer leur personnel afin de repousser des attaques, selon un document publié par la chambre basse du Parlement, et cité par Reuters.Sécurité privée"La loi, adoptée mardi, autorise le personnel à utiliser les systèmes permettant de neutraliser les attaques de véhicules aériens sans pilote sans l’intervention des forces spéciales, précise CNBC. Ce droit pourra être utilisé pour repousser une attaque contre des installations protégées ou la menace d’une attaque contre des employés ou d’autres personnes se trouvant sur ces sites". Des systèmes de défense anti-drones pourraient être installés à proximité de la Banque centrale, de la principale banque du pays, la Sberbank, et de l'Association russe de recouvrement de dettes - principal pourvoyeur de liquidités du pays.Les banques vont prendre elles-mêmes en charge le coût de la défense contre les drones, a indiqué Anatoly Aksakov, président de la commission des finances de la Douma. "Premièrement, le brouillage sera utilisé pour rendre plus difficile le ciblage et l’attaque des cibles concernées par les drones. De plus, nous utiliserons également des moyens pour abattre ces drones, protégeant ainsi les cibles concernées".Mardi, Alexander Shokhin, chef du plus puissant lobby patronal russe, a également déclaré au président Vladimir Poutine que les entreprises étaient prêtes à financer l'achat d'armes plus lourdes et de systèmes électroniques pour défendre leurs infrastructures contre les attaques de drones.Aveu de faiblesse"Cette décision souligne l'inquiétude croissante du Kremlin concernant les capacités de frappe à longue portée de l'Ukraine, dont la portée et la liste des cibles n'ont cessé de s'étendre ces derniers mois", remarque de son côté le Financial Times.Le projet de loi révèle aussi le retard prix par Moscou pour protéger ses infrastructures critiques, après quatre ans de guerre en Ukraine. Soumis à la Douma en août dernier, il n'a été approuvé que cette semaine.Récemment, le journal économique britannique révélait également que les plus hauts généraux russes, dont plusieurs ont été tués ou pris pour cible depuis 2022, n'avaient été placés sous protection qu'au printemps dernier. Preuve que la guerre, autrefois éloignée, semble se rapprocher un peu plus des portes du Kremlin.
En Russie, les banques autorisées à se défendre elles-mêmes contre les drones ukrainiens
La Douma a approuvé, mardi, une loi autorisant les institutions bancaires à recourir à des sécurités privées pour défendre leurs installations, et à armer leur personnel, face à la multiplication d'attaques aériennes lancées par Kiev.










