Dix hommes ont été tués par balles en six mois à Grenoble et dans sa banlieue dans le cadre de « guerres de territoires exacerbées » entre narcotrafiquants qui, fait nouveau, filment leurs actes « pour impressionner » leurs rivaux, a déploré mercredi 27 mai le procureur.
Ce constat « n’avait jamais été dressé auparavant et (…) oblige la puissance publique à vraiment mettre tout en œuvre pour essayer d’interrompre cette mécanique de la vengeance », a déclaré Etienne Manteaux, regrettant lors d’une conférence de presse d’avoir à dresser cette « sinistre comptabilité ».
La dernière fusillade en date, mardi soir, a fait un mort et quatre blessés près d’un point de deal dans un quartier sensible de Grenoble. Les victimes, des hommes âgés de 24 à 33 ans, présentent tous de lourds casiers judiciaires, a-t-il précisé. L’homme tué, touché par deux balles au dos, sera autopsié jeudi. Quant aux quatre blessés, ils présentent « des blessures qui auraient pu être mortelles », et certains « ont manifestement eu beaucoup de chance », a-t-il détaillé.
Ces faits « apparaissent de façon évidente comme une riposte » à un autre homicide survenu dimanche dans la commune voisine d’Echirolles. Un corps avait été retrouvé dans une voiture incendiée avec des douilles à proximité. Selon le magistrat, il s’agit d’un « mineur de 16 ans ». Les deux dossiers ont été transmis à la juridiction interrégionale spécialisée de Lyon.











