L’ancien président philippin Rodrigo Duterte, lors d’une audition au Sénat philippin sur sa « guerre contre la drogue », en octobre 2024 à Manille. AARON FAVILA / AP PHOTO/AARON FAVILA

Rodrigo Duterte comparaîtra face à la Cour pénale internationale (CPI) le 30 novembre prochain. L’ancien président des Philippines sera jugé pour crimes contre l’humanité, a annoncé mercredi un juge de la CPI. Il est visé par trois chefs d’accusation, les procureurs lui reprochant d’avoir été impliqué dans au moins 76 meurtres commis de 2013 à 2018, pendant sa « guerre contre la drogue ».

Agé de 81 ans, M. Duterte sera le premier ancien chef d’Etat asiatique à comparaître devant la CPI, qui juge les individus pour les crimes les plus graves, tels que les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Les procureurs ont précisé qu’ils comptaient appeler entre 60 et 70 témoins au cours de la procédure. Les Philippines se sont retirées de la CPI en 2019, sur instruction de M. Duterte, mais la cour a statué qu’elle restait compétente pour juger les crimes commis de façon présumée de 2011 à 2019.

Lors de l’audience de « confirmation des charges » qui s’est tenue en février, les procureurs ont affirmé que M. Duterte avait fait tuer des milliers de trafiquants et de consommateurs présumés de drogue. « Des décennies passées à assassiner son propre peuple, à assassiner les enfants des Philippines, et il prétend avoir fait tout cela pour son pays. Il ne le nie pas », avait résumé Julian Nicholls, du bureau du procureur. Et de poursuivre, concernant l’implication directe de l’ancien homme fort de Manille : « Il dirigeait un escadron de la mort à Davao, qu’il avait lui-même créé. Il l’a dirigé pendant plus de vingt ans avant de devenir président. Il avait promis d’en tuer des milliers, et c’est ce qu’il a fait. »