La veuve de l'un des agents pénitentiaires tués au péage d'Incarville a déposé plainte pour abus de confiance contre ce membre du parti Reconquête. Jean Messiha assure mercredi que "les accusations portées à [s]on encontre sont mensongères et diffamatoires".

Publié le 27/05/2026 13:13

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Jean Messiha, membre de Reconquête, à Paris, le 13 mai 2023. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le politicien d'extrême droite Jean Messiha est visé par une plainte l'accusant d'avoir encaissé les 42 000 euros d'une cagnotte destinée aux veuves des agents pénitentiaires tués pendant l'évasion de Mohamed Amra. Il s'agirait d'une "erreur" de la plateforme GoFundMe, selon le membre du parti Reconquête, présidé par Eric Zemmour, qui va porter plainte contre la plateforme. La veuve de l'une des victimes, Sandrine Le Hay Moello, a déposé plainte pour abus de confiance contre l'homme politique, a annoncé mercredi 27 mai à l'AFP son avocat, Matthieu Chirez, confirmant une information du Parisien.Fabrice Moello et Arnaud Garcia, deux agents de l'administration pénitentiaire âgés de 52 et 34 ans, ont été tués au péage d'Incarville (Eure) le 14 mai 2024 par un commando armé ayant attaqué le fourgon pénitentiaire dans lequel se trouvait le narcotrafiquant Mohamed Amra. Trois agents pénitentiaires avaient également été blessés. Jean Messiha avait alors lancé une cagnotte, pour que "les Français puissent exprimer leur solidarité et leur reconnaissance pour ces héros qui ont incarné la République jusqu'au sacrifice suprême".Il avait précisé que "tous les dons récoltés par cette cagnotte [seraient] intégralement reversés aux familles des victimes afin de les aider à surmonter cette terrible épreuve". Deux ans plus tard, celles-ci n'ont toujours rien reçu et Sandrine Le Hay Moello a donc décidé de porter plainte. Sur le réseau social X, Jean Messiha assure mercredi que "les accusations portées à [s]on encontre sont mensongères et diffamatoires". Le politicien d'extrême droite a par ailleurs écrit sur Facebook que "la plateforme GoFundMe a commis une grave erreur due à des défaillances internes, ayant abouti, alors que je n'ai jamais été bénéficiaire de cette cagnotte ni demandé à l'être, à virer les fonds sur mon compte". Il a également précisé que "l'intégralité de la somme indûment imputée [serait] revirée sur le compte bancaire des familles".Jean Messiha avait déjà été au cœur d'une cagnotte controversée en 2024, celle lancée en soutien au policier mis en examen en juin 2023 pour la mort du jeune Nahel à Nanterre (Hauts-de-Seine). La famille de Nahel avait déposé plainte pour escroquerie en bande organisée notamment, dénonçant des "manœuvres frauduleuses" et des "mensonges" de l'homme politique pour "tromper" les donateurs afin de récolter des fonds. Une enquête avait été ouverte avant d'être classée sans suite en juin 2024, "au motif qu'aucune infraction n'apparaissait suffisamment caractérisée", avait expliqué le parquet de Paris.