Après une semaine d’appels au boycott et d’émoi populaire, le groupe Shinsegae a été contraint de s’expliquer. L’opérateur de Starbucks en Corée du Sud a fait le point, ce mardi, sur la polémique autour d’une publicité évoquant la répression du soulèvement prodémocratie en 1980.Le groupe, qui exploite la marque américaine sous licence, a regretté un « fort repli des ventes » en mettant en cause l’utilisation de l’intelligence artificielle pour la campagne de pub à l’origine de ce tollé.Une publicité « validée sans ouvrir la pièce jointe »La polémique est née d’une promotion locale présentant le jour férié du 18 mai comme le « Tank Day » afin de vanter des gobelets réutilisables. Cet intitulé a suscité une vive indignation, car évoquant les véhicules militaires utilisés contre des manifestants prodémocratie à Gwangju, le jour anniversaire du soulèvement. Les chiffres officiels avaient fait état, à l’époque, de 165 civils tués et de 65 disparus.« Les employés concernés ont déclaré avoir demandé des suggestions à l’IA et la date anniversaire ne leur a jamais effleuré l’esprit », a déclaré à la presse Jeon Sang-jin, cadre chez Shinsegae. Ces employés « assurent n’avoir réalisé le caractère potentiellement problématique de la campagne qu’après la vive réaction du public », a-t-il ajouté.VidéoCe PDG viré après une pub « ignoble » de Starbucks en Corée du Sud« L’enquête a aussi révélé que certains des sept responsables ayant approuvé la campagne l’avaient validée par simple formalité, sans ouvrir la pièce jointe » et pour accélérer le processus, « la procédure d’examen du service juridique a été négligée », a-t-il poursuivi.« Cet incident (…) a mis en lumière un manque de sensibilité sociale et historique au sein de Starbucks Corée », a conclu le responsable. La police est chargée d’une investigation distincte.Une controverse nationaleLe président sud-coréen Lee Jae Myung s’était rapidement indigné d’une campagne « tournant en dérision » les militants prodémocratiques, se disant « révolté par cette conduite inhumaine et honteuse, manœuvre lucrative qui bafoue les droits humains fondamentaux et la démocratie ».Après le limogeage précipité la semaine dernière de Son Jung-hyun, directeur de l’unité Starbucks Corée, le président de Shinsegae s’est excusé mardi. « Je prends très au sérieux le fait que de nombreuses personnes ressentent une profonde douleur et de la colère (…) J’assume l’entière responsabilité », a déclaré Chung Yong-jin.La controverse s’étend au secteur du divertissement : l’acteur Jung Min-chan a été contraint de quitter la comédie musicale « Diaghilev » après avoir publié une photo de lui dans un Starbucks.