Monde EuropeL'édito Érasme. En sapant la crédibilité de la dissuasion de l’Otan pour des motifs futiles, Donald Trump met les Européens dans une position intenable.Publié le 25/05/2026 à 16:00bookmarkUne unité russe équipée d'un système de missiles Orechnik entre en service opérationnel le 30 décembre 2025.ZUMA PRESS/MAXPPPDonald Trump s’adonne à un jeu dangereux en émoussant la garantie de sécurité accordée par les Etats-Unis aux alliés européens. Ceux-ci, lancés dans une course contre la montre pour se réarmer face à l’impérialisme russe, ne sont pas encore prêts, collectivement, à assumer seuls leur défense. Si Vladimir Poutine avait l’intention, comme le craignent des chefs militaires occidentaux, de mettre à l’épreuve la solidité de l’Otan, le moment le plus favorable pour lui approche très vite.Les Européens ont plaidé en vain pour que le redéploiement des forces conventionnelles américaines hors d’Europe se fasse en ordre et en concertation, afin de leur laisser le temps de se préparer. Les sautes d’humeur du président américain - qui peste, ces temps-ci, contre le refus européen de l’aider dans sa guerre contre l’Iran - ont mis à bas ce projet. Washington a annoncé le retrait imprévu de 5 000 hommes sur les 35 000 stationnés en Allemagne, puis l’annulation du déploiement dans ce pays de missiles de croisière Tomahawk. Ceux-ci devaient justement rééquilibrer la dissuasion conventionnelle, après le déploiement par la Russie, dans l’enclave de Kaliningrad, de missiles menaçant Berlin et Varsovie.