Volte-face spectaculaire sur le flanc Est de l’OTAN. Après l’annonce de l’annulation d’une rotation de soldats américains en Pologne, Donald Trump clame qu’il va en envoyer 5000 de plus. Soupir de soulagement chez les Européens, qui s'avouent «déroutés». De fait, Washington impose au Vieux Continent une incertitude sécuritaire qui le mène à bout de nerfs.
Christophe Tymowski
Spécialiste en sécurité (Pologne)
Au grand casino politique et militaire de la Maison-Blanche, sur quel numéro s’est arrêtée la roulette? Au bout du compte: 5000.C’est le nombre de soldats américains «supplémentaires» que Donald Trump a dit, jeudi 21 mai, vouloir déployer en Pologne. Et pourtant, dix jours plus tôt, le chef d'état-major des forces armées polonaises recevait par email l’information que les Etats-Unis renonçaient à une rotation de 4000 hommes.Ces annonces contradictoires interviennent dans un contexte régional sous forte tension: la Russie et la Biélorussie viennent de lancer d’importantes manœuvres nucléaires conjointes aux frontières de l’OTAN. Plus de 65’000 militaires, des missiles balistiques et des capacités nucléaires tactiques ont été mobilisés dans ce que Moscou présente comme une réponse aux «bellicistes européens».La Maison-Blanche n’a pas précisé si les 5000 GI s’ajoutaient aux 4000 déjà prévus, ou s’ils les remplaçaient. Peu importe, l’annonce a été accueillie avec un grand soulagement. «Bien sûr, je salue cette annonce», a réagi le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. «Tout est bien qui finit bien», a lâché le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sirkoski.











