Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a promis samedi une réponse « écrasante » si les États-Unis reprenaient leur guerre contre l’Iran, affirmant que son pays avait reconstruit ses forces armées lors de la trêve avec les États-Unis.Il a tenu ces déclarations à l’issue d’une rencontre avec le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, venu dans la capitale iranienne dans le cadre des efforts de médiation d’Islamabad pour obtenir une fin durable à la guerre au Moyen-Orient.« Nos forces armées se sont reconstruites pendant la période de cessez-le-feu de telle manière que si Trump commet un autre acte insensé et relance la guerre, [les conséquences] seront certainement beaucoup plus écrasantes et amères pour les États-Unis que le premier jour de la guerre », a déclaré M. Ghalibaf, président du Parlement iranien, sur les réseaux sociaux.Après plus d’un mois de guerre au Moyen-Orient qui a fait des milliers de morts et secoué l’économie mondiale, un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis, mais les deux pays ne parviennent pas à s’entendre pour mettre durablement fin à la guerre.Des médias américains ont rapporté que Washington envisageait de nouvelles frappes contre Téhéran. Selon CBS News, des militaires américains se préparent à d’éventuels bombardements au cours du week-end, qui dure jusqu’à lundi aux États-Unis. Vendredi, Donald Trump a rassemblé ses plus proches conseillers pour discuter de la guerre, a affirmé Axios.Le président américain a en outre annoncé qu’il ne pourrait pas assister au mariage de son fils aîné Don Jr. aux Bahamas ce week-end, et qu’il devait rester à Washington plutôt que de se rendre dans un de ses golfs, pour des « raisons ayant trait aux affaires de l’État ».« Exigences excessives »Arrivé vendredi à Téhéran, M. Munir a également discuté avec le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Les deux parties ont discuté « des dernières initiatives et efforts diplomatiques visant à empêcher une nouvelle escalade et à mettre fin » à la guerre, selon le ministère des Affaires étrangères.Dans une conversation avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, M. Araghchi s’est plaint des « positions contradictoires et demandes excessives répétées » des États-Unis, ont rapporté samedi les agences Tasnim et Fars. M. Araghchi a également eu des entretiens téléphoniques diplomatiques avec ses homologues de Turquie, d’Irak, d’Oman et du Qatar, a rapporté l’agence de presse officielle Irna.Donald Trump cherche une issue à cette guerre impopulaire dans son pays, qui a gravement perturbé l’économie mondiale en raison du blocage du stratégique détroit d’Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.Alors que l’Iran et les États-Unis échangent depuis des semaines des menaces, des Iraniens ne cachent pas leur lassitude.« L’état de “ni guerre ni paix” est bien pire que la guerre elle-même. On ne peut même pas prévoir quelque chose d’aussi simple que s’inscrire à une salle de sport — encore moins des projets plus importants », déplore Shahrzad, une femme au foyer de 39 ans, jointe au téléphone depuis Paris.Sur le front libanais, l’armée israélienne a annoncé samedi des frappes imminentes sur plusieurs villages du sud du Liban situés au nord du fleuve Litani et dont elle demande à la population d’évacuer sans tarder. Le mouvement islamiste pro-iranien Hezbollah et l’armée israélienne s’accusent mutuellement de violer au quotidien une trêve entrée en vigueur le 17 avril.Israël, dont les troupes occupent une bande de territoire libanais sur une profondeur d’environ 10 km le long de sa frontière avec le Liban, exige que la zone au sud du Litani soit vide de combattants du Hezbollah.L’agence nationale d’information libanaise (ANI) a indiqué qu’une frappe nocturne dans la ville de Tyr (sud) avait provoqué d’« importants dégâts » sur un hôpital, après le décès de 10 personnes vendredi dans une autre frappe dans la même région.