Les Malakoffiots de notre rédaction se sont consultés pour vous parler de leurs endroits favoris, qui rendent douce leur vie au sud de Paris. La Tréso à Malakoff, un tiers-lieu au programme très riche. Photo Vincent Dalbera pour Télérama Par Emmanuelle Chaudieu, Véronique Marquer, Delphine Chazelas Publié le 23 mai 2026 à 13h00 Malakoff n’est certes pas la première destination à laquelle on pense pour flâner le week-end ou sortir le soir. Mais la banlieusarde sud-parisienne, collée au 14e arrondissement et accessible par la ligne 13 de métro ou le tram T3, recèle de belles adresses, quelques boutiques originales, une scène nationale renommée, un cinéma d’art et d’essai, et de nombreuses impasses calmes et fleuries où se perdre durant les beaux jours, qui abritent quelques curiosités. La Tréso Ouvert au public depuis 2020, ce tiers-lieu est installé dans un lumineux bâtiment des années 1930 qui abrita un temps la trésorerie municipale. Une cantine occupe le rez-de-chaussée : on peut y déguster le midi des plats faits maison préparés avec des produits bio, y passer en journée pour boire un café, ou s’y retrouver le soir autour d’une bière et de planches à partager, le tout à des prix raisonnables. La Tréso accueille aussi des soirées jeux de société, des concerts, des ateliers d’écriture, ou encore le Mailles Bar pour… tricoter en collectivité (non testé !). Les étages sont occupés par des artisans en résidence et des ateliers où l’on peut réparer des objets, mener à bien un projet, utiliser (sur réservation) la découpeuse laser… — D. C. 8, avenue du Président-Wilson. Du mardi au samedi, café et bar : 10h-23h ; cantine : 12h-14h (12h-15h le samedi) ; ateliers : 10h-19h. www.latreso.fr La fresque “Le Chibani” Elle se dresse, haute de plusieurs étages, sur le pignon d’un immeuble HLM de la rue de la Tour. Un vieil homme ajuste sa cravate, les yeux clos. Au-dessus de lui, le mot « chibani ». Cette fresque, peinte en 2016 par l’artiste Vince en hommage aux travailleurs immigrés des Trente Glorieuses, représente Mohand Dendoune, arrivé en France en 1950 après avoir quitté son village de Kabylie. L’homme, par ailleurs père du journaliste et écrivain Nadir Dendoune, est décédé en 2019, à 91 ans, mais son portrait continue de veiller sur Malakoff. — D. C. 4, rue de la Tour. À lire aussi : Champignonnière 2.0 et tour brutaliste : Malakoff hors des sentiers battus Théâtre 71 Labellisé scène nationale depuis 1990, le théâtre est situé sur la place du marché, en plein centre-ville. Dirigé durant près de trente ans par Pierre Ascaride, et actuellement sous la houlette d’Armelle Vernier, il offre une programmation pluridisciplinaire inspirée. On peut rappeler quelques temps forts, comme le festival Mai danse !, le bien nommé festival Ovni et ses spectacles inclassables ou l’inépuisable festival MARTO, dédié depuis vingt-six ans aux arts de la marionnette et du théâtre d’objets. À ne pas manquer, les concerts-brunchs du dimanche matin au foyer-bar, où sont proposées aussi des soirées littéraires pour discuter autour d’un verre. — D. C. Pâtisserie Sadaharu Aoki Que vient donc faire dans cette petite rue résidentielle de Malakoff la fameuse pâtisserie japonaise, que l’on trouve habituellement à des adresses plutôt passantes, voire chics, de la capitale ? Coup de bol : son « laboratoire » se trouve ici, rue Augustin-Dumont, et la marque a eu la bonne idée de lui donner pignon sur rue. À nous l’éclair au sésame noir, le rouleau au yuzu, le millefeuille au matcha… Et c’est ouvert le dimanche. — D. C. 58, avenue Augustin-Dumont. 11h-18h, fermé le lundi. Cinéma Marcel-Pagnol Ce cinéma d’art et d’essai à la programmation de qualité permet de voir des films sans se ruiner : 6,50 € en plein tarif, 5 € en tarif réduit. Bon à savoir : l’abonnement annuel à 12 € donne accès au tarif réduit pour les films, mais aussi pour les spectacles du Théâtre 71. Une fois par mois, la salle organise des rencontres avec les réalisateurs et d’autres artistes à l’issue de la projection. — D. C. 17, rue Béranger. Tél. : 01 46 54 21 32. La Ressourcerie Un blouson en cuir, une collection d’assiettes, une combi de ski pour le petit dernier, une table rétro, un radio-réveil… On trouve tout ou presque à la Ressourcerie de Malakoff. Le tout à des prix défiant toute concurrence, dans un esprit anti-gaspi et consommation responsable. Installé en plein centre-ville dans un ancien bâtiment industriel, cet espace destiné au réemploi accueille aussi régulièrement des ateliers « recup’ », sans oublier son défilé de mode de seconde main organisé à l’occasion de la fête de l’été. Même fermé, l’endroit vaut le détour pour la monumentale fresque qui orne son rideau métallique, peinte par six street-artistes en 2018. — E. C. À lire aussi : Nos adresses préférées de Montreuil, en toute subjectivité Librairie L’Îlot Pages Que ferait-on sans elle ? À chaque rentrée scolaire, tous les écoliers et collégiens de Malakoff se pressent dans cette petite librairie pour passer leurs commandes. Le dimanche matin, jour de marché, on y croise souvent des connaissances. Il faut dire qu’il s’agit de la seule librairie généraliste de la ville. Longtemps tenu par Nasser et Roland, cet îlot est désormais habité par Nathalie qui reçoit les lecteurs avec de judicieux conseils de lecture (ce dimanche, The Sick Bag Song, de Nick Cave, éd. de La Table ronde). — D. C. 66, avenue Pierre-Larousse, du mardi au samedi, 10h-19h30 ; le dimanche, 10h-13h30. L’Herbe rouge Cette épicerie-cave à vins-restaurant au centre de Malakoff, sur la place piétonne du 11-Novembre, bénéficie d’une jolie terrasse où il fait bon boire un café les jours de marché (mercredi-vendredi-dimanche), déjeuner au soleil et dîner au frais les soirs d’été. La cave propose 200 références de vins natures, biologiques ou biodynamiques, cidres, bières, et l’épicerie possède un rayon fourni en herboristerie. Si L’Herbe rouge affiche complet, on peut choisir les deux sympathiques brasseries qui l’entourent, L’Hirondelle et la Brasserie de l’hôtel de ville, qui possèdent chacune une grande terrasse. — D. C. 6, place du 11-Novembre. Tél. : 01 74 34 48 80. La cordonnerie du Parc, le Far West de Malakoff Des histoires plein la ville… A Malakoff, je vois Pollux et Zébulon rue Danicourt (Serge Danot y créa Le Manège enchanté en 1964), Landru avenue Pierre-Brossolette (il y ouvrit un garage où il attira et assassina dix femmes, un adolescent et trois chiens — plutôt cauchemardesque)… et Gregory Peck dans La Cible humaine à la cordonnerie du Parc. En effet, cette boutique, tenue par un fondu de western, en plus de proposer d’excellents services de réparations de chaussures et de vêtements en cuir regorge d’articles qui font voyager jusque dans Rio Bravo ou La Captive aux yeux clairs : bottes mexicaines, mocassins indiens (marques Go’West et Minnetonka entre autres), boucles de ceinture américaines, chapeaux de cow-boy, bagues, vêtements et accessoires divers… — V. M. Le Point commun On y passe juste pour le plaisir des yeux, demander un conseil, trouver un patron et le tissu qui va avec, dénicher le bouton manquant pour notre veste préférée mais aussi s’initier — ou se perfectionner — à la couture. Ce lieu destiné aux « arts du fil », dont l’une des deux pièces accueille une demi-douzaine de machines à coudre, propose des cours et des stages pour tous les niveaux. S’y ajoutent des ateliers créatifs — dont ceux animés par Sophie Coupard, la créatrice de Merci mon mouton, qui confectionne de jolis objets en laine feutrée (cache-pot, vase, dessous de plat) — ou encore des « apéros tricot ». — E. C. 2 bis, avenue Jean-Jaurès, du mardi au samedi, 10h30-19h ; le dimanche, 11h-13h., lepointcommun.fr À lire aussi : Nos adresses préférées du 13ᵉ arrondissement de Paris, en toute subjectivité Jukebox Classic Lionel Bompart, membre de la Fédération nationale d’experts spécialisés en art (Fnepsa), est un passionné de rock et de… jukebox 78 et 45 tours des années 1930 aux années 1960. Il répare, restaure et vend ces fascinantes machines, appelées à l’origine « phonographes automatiques à péage », mais aussi des amplis à lampes, qui donnent un son chaud et bien rond, des Scopitone (jukebox avec images) et des bandits manchots — je vous laisse deviner de quoi il s’agit ! —, et ce jusqu’à la décoration (chrome, verre, peinture). Je craque pour le Wurlitzer 750, de 1941, ou le Rock-Ola 1422, de 1946, et plonge dans l’époque lointaine du boogie-woogie. — V. M. 38, avenue-Augustin-Dumont. Tél. : 01 46 54 03 07 ou 06 12 31 82 19. jukeboxclassic.fr Léon, le réverbère Comment ça, vous ne connaissez pas Léon ? Léon est le tout dernier bec de gaz d’Île-de-France ! Situé sentier du Tir, une petite voie pavée datant de la fin du XIXᵉ siècle, il brûle nuit et jour afin de préserver son fragile mécanisme centenaire. Si l’association Les Amis de Léon s’est longtemps occupée de son entretien, c’est au départ grâce à Jean et à sa femme, Claudine, que Léon a survécu à l’invasion des lampadaires. Arrivé à Malakoff dans les années 1970, le couple a adopté Léon et veillé à sa bonne santé durant des années, après avoir convaincu le maire de l’époque, Léo Figuères, de le sauver. — D. C. Sentier du Tir. L’Atelier des créateurs Repartir les mains vides de cette boutique relève de l’exploit. Bijoux, objets de déco, luminaires, cartes malicieuses, petite maroquinerie… sans oublier un espace dépôt-vente où dénicher quelques belles pièces pour compléter sa garde-robe : l’Atelier des créateurs — des créatrices principalement — propose une sélection d’articles originaux, le plus souvent créés par des artisans ou artistes du coin, dans une gamme de prix suffisamment large pour être à la portée de toutes les bourses. — E. C. 18, rue Raymond-Fassin, du mardi au samedi, 11h-19h ; le dim., 10h30-13h. Instagram @atelierdescreateurs
Treize lieux incontournables de Malakoff pour profiter de la douceur de vivre au sud de Paris
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