Le bilan a été révisé à la hausse ce samedi. Une frappe effectuée vendredi dans l’est de l’Ukraine occupé par la Russie a tué 10 personnes et en a blessé 38. Par ailleurs, 11 individus sont portés disparus. Le précédent bilan faisait état de 6 morts et 15 disparus.Site civil ou miliaire ?C’est la question fondamentale qui se pose après ce tir meurtrier. Les autorités russes assurent que c’est un lycée qui a été attaqué. Côté ukrainien, Kiev mentionne un site militaire, situé à Starobilsk.L’Ukraine assure y avoir pris pour cible des éléments du groupe Rubikon, une unité russe spécialisée dans les frappes de drones et qui, selon l’état-major, attaque « régulièrement » des civils en Ukraine.Un acte « terroriste » selon Moscou, Kiev évoque le « respect du droit international »Le président russe, Vladimir Poutine, a qualifié d’« acte terroriste » la salve de drones qui a frappé la résidence universitaire de Starobilsk, ville de 16 000 habitants située dans la région de Lougansk, dont Moscou, la capitale russe, revendique l’annexion. « Aucun site à vocation militaire, ni aucun site appartenant aux services secrets ou à des services apparentés » n’était situé à proximité, a précisé le dirigeant russe, promettant une réponse de ses soldats.Selon les responsables russes, 86 jeunes âgés de 14 ans à 18 ans se trouvaient dans un dortoir de plusieurs étages, qui s’est effondré à la suite de l’attaque.L’Ukraine a nié avoir pris pour cible des civils et a déclaré avoir frappé une unité de drones russes stationnée dans la région, qui se trouve à environ 65 km de la ligne de front. « L’Ukraine mène des frappes contre les infrastructures et les installations militaires utilisées à des fins militaires, respectant scrupuleusement les normes du droit international humanitaire », a écrit vendredi l’état-major ukrainien. Il a assuré y avoir pris pour cible des éléments du groupe Rubikon, une unité russe spécialisée dans les frappes de drones et qui attaque « régulièrement » des civils.L’armée ukrainienne met aussi en avant une pratique qui serait habituelle côté russe : transformer d’anciens sites scolaires ou bâtiments publics en caserne ou site de logistique et de commandement, voire mélanger les deux fonctions, détaille l’agence de presse ukrainienne Ostrov.L’ONU inquièteL’ONU, l’Organisation des Nations unies, a dit suivre « avec inquiétude les informations concernant l’attaque », selon Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général. La représentante spéciale sur la violation des droits des enfants lors des conflits, Vanessa Frazier, a réitéré cette inquiétude lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité réclamée par la Russie.« Je condamne toutes les attaques contre les civils et les infrastructures civiles », a-t-elle insisté, notant que l’ONU, n’ayant pas accès à cette zone occupée, n’est « pas en mesure de confirmer les détails de l’attaque ». « Le bilan humain de cette guerre révèle un schéma qui défie le droit international humanitaire », a ajouté Edem Wosornu, représentante du bureau des Affaires humanitaires.La responsabilité originelle de Moscou évoquéePlusieurs membres du Conseil de sécurité de l’ONU alliés de Kiev ont évoqué des éléments d’informations parcellaires en raison du refus d’accès à ces zones occupées par la Russie. Ils ont également renvoyé Moscou face à ses responsabilités pour avoir lancé l’invasion de l’Ukraine en 2022.« Si nous utilisions la même logique que celle derrière la demande russe de la réunion d’aujourd’hui, nous aurions deux réunions d’urgence par jour, y compris le week-end, pour ne faire qu’effleurer l’ampleur de la terreur, des morts et des destructions infligées par la Russie à l’Ukraine », a noté l’ambassadrice danoise, Christina Markus Lassen.