Passer par les airs pour se déplacer rapidement, c’est ce que propose le C1. Ses cabines survolent presque 5 kilomètres de zone urbaine. Une vue depuis le téléphérique, pour prendre un peu de hauteur ! Photo Abel Llavall-Ubach/Hans Lucas pour Telerama Paris Par Jean-Baptiste Duchenne Publié le 23 mai 2026 à 08h30 Touche d’exotisme dans le ciel d’Île-de-France. Depuis décembre dernier, un téléphérique relie les villes de Créteil et Villeneuve-Saint-Georges, en passant par Limeil-Brévannes et Valenton. D’une longueur de 4,5 kilomètres, le C1 (pour Câble 1) comporte cinq stations et met 18 minutes pour aller d’un bout à l’autre de la ligne, deux fois moins de temps qu’en bus. Impatient de découvrir le plus grand téléphérique urbain d’Europe, nous pressons le pas au sortir de l’arrêt du métro Pointe-du-Lac – terminus de la ligne 8 – vers la rampe qui mène jusqu’au quai d’embarquement. Des agents y répartissent les passagers en quelques instants. Les cent cinq cabines qui constituent le parc disposent chacune de dix places assises et il est interdit de s’y tenir debout, mais les vélos sont autorisés. Les portes se referment, la capsule s’élance… L’idée d’un téléphérique a germé voici vingt-deux ans dans la tête de Joseph Rossignol, alors maire de Limeil-Brévannes, lorsqu’il découvrit en Roumanie une télécabine déposant des touristes sur une plage de la mer Noire. L’édile voulait désenclaver le territoire de sa commune et de celles voisines, mais pressentait que le sud du Val-de-Marne, déjà saturé d’infrastructures de mobilité, ne serait pas propice à un projet de tramway. Et en effet, dès les premiers mètres avalés par notre véhicule aérien, le paysage affiche une forte densité urbaine, surplombant la route nationale 406, la ligne TGV, la gare de triage de Villeneuve-Saint-Georges, ainsi que des zones industrielles et les vastes bassins de l’usine de traitement des eaux de Valenton. Quant à l’éventualité d’un métro, l’investissement se serait avéré huit fois plus cher. Le téléphérique tenait bon la corde ! Le téléphérique vu depuis Villeneuve-Saint-Georges à la station Villa Nova. Photo Abel Llavall-Ubach/Hans Lucas pour Telerama Paris Première étape de notre voyage : la station Limeil-Brévannes-Plage-Bleue, qui reprend le nom du parc départemental tout proche. Ce jardin abrite un lac de 10 hectares, mais en l’air nous ne faisons que l’entrevoir, en raison de la butte artificielle qui le cache à nos yeux. Le voyage se poursuit au-dessus des travaux de la Végétale, une coulée verte qui va du lac de Créteil à Santeny, aux portes de l’Arc boisé, un massif forestier de 3 000 hectares. Cette voie de circulation douce reprend en partie le tracé du « train des roses », une ligne ferroviaire dévolue jusque dans les années 1950 au transport des fleurs de Seine-et-Marne vers la capitale. Photo Abel Llavall-Ubach/Hans Lucas pour Telerama Paris À partir de la station Valenton, le panorama change du tout au tout. Quand la cabine survole les frondaisons du parc Saint-Martin, le bruit des voitures cède la place au chant des oiseaux et au sifflement du vent à travers les lucarnes d’aération. La vue d’un faucon crécerelle me fait me lever, et me vaudra une petite remarque d’un agent à l’arrêt suivant. Après la station la Végétale, le tracé opère un coude à 90 degrés, et le point de vue se métamorphose à nouveau : nous voici au-dessus de l’école des sapeurs-pompiers de Paris, sur l’ancien site du Commissariat à l’énergie atomique. Chaque année, un millier de soldats du feu viennent s’y former. Depuis notre belvédère mobile, nous distinguons des dizaines de recrues aller et venir au pied d’un immeuble destiné aux exercices en hauteur. La cabine file doucement le long d’un champ de blé jusqu’à son terminus : Villa-Nova – diminutif de Villa-Nova-Sancti-Georgii, nom de Villeneuve-Saint-Georges au Moyen Âge. Ne reste plus qu’à débarquer pour retrouver la terre ferme. À regret… Parc départemental de la Plage Bleue, à Valenton. Photo Abel Llavall-Ubach/Hans Lucas pour Telerama Paris Y allerMétro ligne 8, Créteil-Pointe-du-Lac, ou bus 423, 393, 428 ou 117 / Tarifs Navigo et Liberté + 1,64 € ou billet bus-tram-câble 2,05 € / À l’autre bout de la ligne, station Villa-Nova, liaison avec le RER D par le bus 427 à la gare de Villeneuve-Saint-Georges, 10 min.FaireAu sortir de la station la Végétale, une randonnée à vélo sur la piste cyclable du même nom conduit jusqu’au massif forestier de l’Arc boisé / Itinéraires et plans sur lavegetale.frMangerOrien’table, 14, rue du Général-Leclerc, 94 Créteil / Mar.-sam. 11h-21h / 01 41 78 66 57 / Une alléchante carte de plats libanais, vins et bières / Formule à partir de 9,50 €. Restos & Loisirs Paris Balades Grand Paris Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus