Aller au contenu principalNouveauLa beauté d’un nid fait écho au travail d’une brodeuse aimée récemment disparue. Chaque semaine notre chroniqueur, David Abiker, présentateur de la matinale de Radio Classique, nous livre son humeur du moment.Par David Abiker Le 22 mai 2026 à 14h32Notre chroniqueur David Abiker. Philippe LavieilleLes broderies de ma mère ? C’est en les rangeant dans un grenier que je suis tombé sur ce nid. Je vous parle d’abord des broderies de ma mère et du nid ensuite. Ma mère a passé les quarante dernières années de sa vie à broder. Elle avait fait une école après la guerre, travaillé pour de grands couturiers parisiens, puis elle s’était mise à la peinture dans les années 1970 avant de revenir à la broderie au début des années 1980. Depuis la 6e, j’ai toujours connu ma mère penchée sur son métier, utilisant le point de Lunéville, le point de Beauvais ou la broderie à l’aiguille pour réaliser ses tableaux brodés.La broderie a sauvé ma mère de son tempérament volcanique, de ses angoisses, un peu comme la tapisserie sauva Pénélope de l’angoisse et de la séparation d’avec Ulysse. Si ma mère n’avait pas brodé, je crois qu’elle serait devenue dingue, et moi aussi par la même occasion. Ses tableaux sont désormais soigneusement encadrés ou emballés.Société