Monde EuropeL'Union européenneEurope. En mettant son véto au plan Safe, qui prévoit 44 milliards d'euros de prêt européen pour la défense polonaise, le conservateur Karol Nawrocki plonge son pays dans la crise politique.Par Adam Hsakou (à Varsovie)Publié le 13/03/2026 à 16:30bookmarkLe président polonais Karol Nawrocki lors d'un conseil de sécurité nationale, le 11 février 2026 à Varsovie.REUTERS"La Pologne doit s’armer, mais elle doit le faire selon ses propres règles." Ces mots, prononcés le 12 mars dans une allocution télévisée par le président conservateur Karol Nawrocki, le seul étendard blanc et rouge derrière lui, mettent fin au suspense électrique qui pesait sur Varsovie depuis des semaines. D’un ton ferme, le chef de l’Etat polonais a annoncé appliquer son veto au plan Safe, ce crédit européen XXL à taux préférentiel, censé financer les dépenses militaires des Etats membres et pour lequel la Commission européenne pourrait mobiliser jusqu'à 150 milliards d'euros. En Pologne, c’est un véritable coup de semonce puisque le pays, aux portes de la guerre en Ukraine, est censé être le plus large bénéficiaire de ce mécanisme européen. Pour justifier son véto, le président a fustigé un "emprunt étranger contracté sur quarante-cinq ans [...] sur lequel se rémunéreront les banques occidentales et les institutions financières". Selon Karol Nawrocki, "Bruxelles pourrait suspendre le financement de manière arbitraire, en invoquant des mécanismes de conditionnalité", tels que le respect de l’État de droit, un terrain sur lequel les nationalistes polonais ont déjà été épinglés par le passé. Bref, voilà 44 milliards d’euros de prêts européens balayés d’un revers de main.