C’est un restaurant à Vanves (Hauts-de-Seine), « Mama Sol », qui a testé en premier l’application. « A chaque salon porte de Versailles, on va manger chez lui. Le patron nous a dit plusieurs fois qu’il était importuné par les appels publicitaires. Il a testé et a été conquis ». En 48 heures, 5 000 personnes ont téléchargé l’application Skipple Shield qui a été mise en service il y a quelques semaines. « On en est à 9 450 à ce jour ». Yann François, Antoine Le Baron et Amaury Richard ont créé en 2025 à Quimper (Finistère) la société Skipple.Yann en est le directeur général et le cofondateur, tout comme Antoine qui est le PDG, chargé de la recherche et du développement, et Amaury qui s’occupe de l’exécution. « Je crée, je lui donne ma vision et il la code », sourit Antoine.Yann et Antoine se sont rencontrés en 2019. « J’avais alors une société d’informatique et Antoine est venu me voir car il avait besoin d’un téléphone de secours pour ouvrir un bâtiment au public. Le téléphone devait fonctionner avec une carte SIM. Un concept alors inédit ». Les deux hommes mettent en commun leurs multiples compétences pour développer ce projet et le commercialiser. Seul bémol : les appels publicitaires entrants sur ces appareils, fonctionnant sur des lignes grand public.Une carte de visite pour l’entrepriseOn imagine la situation : on veut appeler les pompiers et la ligne est occupée par un vendeur de vérandas qui appelle sur la ligne du téléphone de secours. L’idée de créer l’application Skipple Shield, faisant office de pare-feu anti démarchage, a germé fin 2024. « On a choisi ce nom stratégiquement car c’est une expression en vieux gallois qui signifie passer le balai. »Après l’avoir testée sur leurs propres téléphones, ils ont lancé l’application pour le grand public, et gratuitement. « J’estime que c’est un pied de nez à la société de consommation. Montrer qu’on peut faire quelque chose qui n’est pas forcément marchandé et qui est éthique en refusant la récupération des données à l’insu des consommateurs », explique Antoine. « C’est notre carte de visite. Au lieu de faire de la publicité, on a l’appli. La vitrine de notre savoir-faire », ajoute Yann.Pour le moment, l’application ne peut être téléchargée que sur l’appstore Android. Mais la version Apple est en cours de développement. « Il suffit d’installer l’application sur le Play Store et de l’activer. Ainsi on filtre toute la liste de préfixes téléphoniques référencés par l’Arcep. On peut aussi bloquer les appels masqués et les numéros indésirables. Skipple vous notifie que le numéro est bloqué. Pour les appels masqués, il y a un renvoi sur le répondeur. Les autres sont rejetés automatiquement. »Protection des téléphones d’enfantCerise sur le gâteau, l’application bloque aussi tous les appels dont les numéros ne figurent pas sur le carnet d’adresses des portables des enfants. « Nous sommes les seuls à proposer cette fonction. C’est une sécurité pour les parents et ainsi, les enfants peuvent disposer d’un téléphone. Quand un appel arrive, le logiciel vérifie s’il est dans la liste et l’accepte ou le rejette ».Google a testé et validé l’application. Le trio va aussi adapter l’application au filtrage de SMS publicitaires du type « Maman j’ai perdu mon portable, rappelle-moi sur ce numéro ». Le trio qui se complète à merveille à d’autres cordes à son arc et imagine déjà d’autres créations. « J’essaie de résoudre personnellement des problèmes et ensuite, j’en fais profiter les autres », s’amuse Antoine.
« Un pied de nez à la société de consommation » : créée à Quimper, cette appli gratuite stoppe net les appels publicitaires
Trois entrepreneurs de Quimper (Finistère) lancent Skipple Shield pour lutter contre le démarchage téléphonique. Cette application Android g












