Economie Politique économiqueDonald TrumpEconomie. Face à la pression intense exercée par le président américain pour influencer la politique monétaire, le patron de la Fed oppose une résistance héroïque.Publié le 07/09/2025 à 07:45bookmarkLe président américain Donald Trump et Jerome Powell en novembre 2017. A ce moment-là, ce dernier était son candidat à la présidence de la Réserve fédérale américaine.REUTERSTraditionnellement, à la fin du mois d’août, bisons et grizzlis de la vallée de Jackson Hole se font voler la vedette par une meute de banquiers centraux et d’économistes du monde entier venus deviser de politique monétaire et d'inflation. D’ordinaire, l’événement n’excite l’intérêt que des initiés. Cette année, son retentissement a largement dépassé les Rocheuses du Wyoming. Car depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, le gouverneur de la Réserve fédérale américaine est devenu une espèce menacée. Ces derniers mois, le milliardaire de Mar-a-Lago s’acharne sur le premier d’entre eux, le président de la Fed. Son réseau Truth Social sert de caisse de résonance à la bordée de reproches et de noms d’oiseaux qu’il profère à l’encontre de Jerome Powell. Un bras de fer au sommet, aux répercussions mondiales.A l’origine de la querelle, le maintien obstiné par la Fed de ses taux directeurs - qui fixent le coût auquel les banques se refinancent - alors que Trump exige leur baisse de 300 points de base, ce qui les ramènerait dans une fourchette entre 1,25 et 1,5 %. Ce levier de la politique monétaire a des effets bien réels puisqu’il conditionne les taux des crédits aux entreprises et des prêts immobiliers des ménages. A la hausse, il calme le jeu quand l’économie est en surchauffe et que l’inflation s’emballe. A la baisse, il stimule l’activité du pays en cas de coup de mou. Aujourd’hui, le pilotage est délicat : la Fed doit composer avec la persistance d’une inflation au-dessus de la cible de 2 % et un marché de l’emploi incertain. Deux facteurs qui appellent des réponses opposées. Depuis fin 2024, elle s’en tient au statu quo, malgré les injonctions du président américain.