Par Gabriel Thierry et Florian Reynaud Publié aujourd’hui à 06h30, modifié à 10h19 Article réservé aux abonnés Enquête« Données personnelles, la grande fuite » (5/9). Malgré de multiples arrestations, de nombreux vols de données continuent d’être revendiqués sous la bannière ShinyHunters. Au-delà de ses racines tricolores, le groupe est aujourd’hui devenu une « marque » cybercriminelle. En juin 2025, les enquêteurs de la brigade de lutte contre la cybercriminalité interpellent quatre jeunes sur le territoire français, soupçonnés d’être les gérants du site BreachForums. Sur ce supermarché mondial de la donnée volée se vendent chaque jour des masses d’informations personnelles, dérobées à des entreprises, à des associations et à divers organismes. Les quatre mis en cause ne sont pas seulement suspectés d’avoir géré cette place forte de la cyberdélinquance : ils pourraient aussi faire partie des ShinyHunters, groupe de pirates tapageurs parmi les plus actifs, ces six dernières années, dans le vol de données et dans l’extorsion. Cette enquête complexe doit beaucoup à la coopération internationale : selon les informations du Monde, ce sont des éléments recueillis par le FBI qui ont permis de faire avancer la procédure. Les enquêteurs américains ont porté un premier coup à BreachForums en 2023, arrêtant son créateur originel. Mais le milieu cybercriminel a horreur du vide : une nouvelle version du site, administrée par une nouvelle équipe, dont les ShinyHunters, a très vite émergé. Fermée à son tour par les autorités américaines en mai 2024, elle a surgi de nouveau à une autre adresse. Est-ce pour mettre fin à un interminable jeu du chat et de la souris ? En août de la même année, le FBI prévient la France que plusieurs de ses ressortissants pourraient être impliqués, semant les graines d’une enquête qui a abouti aux quatre arrestations. Onze mois plus tard, Le Monde détaille les profils des mis en cause et revient sur l’histoire des ShinyHunters. Un groupe insaisissable, profondément lié à la France, mais dont l’emblème est aujourd’hui revendiqué hors de nos frontières. Il vous reste 79.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.