LE BUREAU DES SÉRIES. Pour sa deuxième et ultime saison, le préquel de « La Casa de Papel » divertit... sans casser la baraque.La nouvelle, un brin cryptique, vient tout juste de tomber : la saga de La Casa de Papel continue. C’est en tout cas le titre de deux bandes-annonces postées par Netflix, qui déroulent les grands moments de la série espagnole phénomène au rythme des tubes « Children of the Revolution » et « Bella Ciao ».Reste à savoir s’il s’agit du sixième volet de la franchise ou d’un spin-off centré sur le Professeur, joué par Sergio Marquina, qui tombe le célèbre masque dans le second teaser. En attendant la réponse, les fans peuvent retrouver ce personnage dans Berlin et la Dame à l’hermine, disponible dès ce vendredi 15 mai. Sergio apparaît en effet dans ce second volet du prequel de La Casa de papel, qui explore le passé – et les faits d’armes – de son demi-frère, Andrès de Fonollosa, nom de code Berlin. Après son casse à Paris dans la première saison, celui-ci convoque son équipe à Séville, où le génial braqueur a trouvé son maître en matière d’égocentrisme et de narcissisme : le duc de Malaga. Un noble richissime et féru d’art, qui tente de le faire chanter pour l’obliger à dérober La Dame à l’hermine, le tableau de Leonard de Vinci. Mais la vengeance est une tortilla qui se mange froide pour Berlin, qui concocte un plan afin de mystifier le duc et de le dépouiller de toute fortune et dignité, entre deux tête-à-tête avec Candela, une volcanique Andalouse fraîchement rencontrée. Problème : l’art du crime ne souffre pas les approximations, ni les dissensions, fussent-elles amoureuses, entre les monte-en-l’air…Julio Peña (dans le rôle de Roi), Joel Sanchez (Bruce), Michelle Jenner (Keila), Pedro Alonso (Berlin), Tristan Ulloa (Damian ) et Begoña Vargas (Cameron). FELIPE HERNANDEZ/NETFLIX/FELIPE HERNANDEZ/NETFLIX L’art sériel, lui, supporte avec bravoure la drôle de salade assemblée par Alex Pina, le créateur de La Casa de Papel et de ce spin-off : des séquences de braquage divertissantes, avec supplément suspense façon Mission impossible, gadgets à l’appui ; des coups de foudre, des bons sentiments et des scènes de ménage pour la touche comédie romantique et du drame. Le tout assorti de discours sur l’amour, l’amitié ou l’art - « La plus grande vibration de l’âme humaine » - et servi avec une mise en scène tape-à-l’œil. Comme la Porsche rose bonbon dans laquelle déboulent Bruce et Kelia pour rejoindre leur chef, la recette est étonnante, voire étrangement attirante, mais pas du meilleur goût.Bref, ce Berlin à la sauce sévillane ne casse pas la baraque. Mais après une première saison qui a cumulé 74,3 millions d’heures vues en seulement trois jours, nul doute que ces huit nouveaux épisodes trusteront encore le podium des meilleures audiences de Netflix. D’autant plus qu’il s’agit là des adieux du charismatique Pedro Alonso à son rôle fétiche, comme il l’a confié au quotidien espagnol El Pais : « J’ai le sentiment d’avoir bouclé un immense cycle de vie avec un personnage qui m’a permis de m’épanouir, et que la meilleure façon d’honorer tout ce qui m’était arrivé était de le laisser partir. » Bello Ciao Berlin ! Berlin et la Dame à l’hermine (Netflix). D’Álex Pina et Esther Martínez Lobato, avec Pedro Alonso, Michelle Jenner, Inma Cuesta, Tristán Ulloa… 8 x 55 min.« Unconditional » : un ambitieux thriller israélien Le savoir-faire israélien en matière de fictions n’est plus à démontrer. En témoigne une nouvelle fois Unconditional, le nouveau thriller addictif d’Apple TV. Il s’ouvre dans une salle d’embarquement à l’aéroport de Moscou. Gali, 23 ans, et sa mère Orna y attendent leur vol retour pour Israël après leurs vacances en Inde : une parenthèse enchantée pour la première, qui a terminé son service militaire et pour la seconde, qui doit composer avec la maladie d’Alzheimer précoce de son mari. Elle se referme brutalement quand Gali est arrêtée par les autorités pour trafic de drogue.D’abord sonnée et perdue dans les méandres d’un système russe opaque et corrompu, Orna se lance dans un combat désespéré pour prouver l’innocence de sa fille : elle interpelle son gouvernement, alerte les médias, reprend contact avec un ancien amant, membre des services de renseignements. Une quête qui confronte cette femme ordinaire à un monde dangereux qui la dépasse et à la face cachée de Gali… Criminalité internationale, cynisme politique et faux-semblants composent la partition de cette série paranoïaque produite par Spiro Films (No man’s Land) , écrite par Dana Idisis (On the Spectrum) et tournée entre l’Inde, Israël et la Géorgie. L’intrigue est haletante, le drame familial et la critique médiatique sont convaincants.À l’image de Liraz Chamami, bouleversante en mère courage, le casting se révèle épatant, y compris le chanteur Amir Haddad qui, après avoir fait ses premiers pas devant la caméra dans le très oubliable La Femme et le Boulanger sur TF1, montre là ses talents d’acteur. Petits bémols : quelques rebondissements peu crédibles et un épilogue inutilement théâtral.Unconditional, saison 1 (Apple TV). Saison 1. De Adam Bizanski et Dana Idisis, avec Liraz Chamami, Talia Lynne Ronne, Amir Haddad… 8 x 50 min.
« Berlin et la Dame à l’hermine » : le préquel de « La Casa de Papel » fait le service minimum
LE BUREAU DES SÉRIES. Pour sa deuxième et ultime saison, le préquel de « La Casa de Papel » divertit... sans casser la baraque.










