Quatre décès confirmés et des centaines de cas suspects ont été signalés dans la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC. À Mongbwalu, où circulaient depuis plusieurs jours des rumeurs de morts inexpliquées et de fièvres hémorragiques, les autorités sanitaires craignent une nouvelle flambée d’Ebola.À Mongbwalu, depuis plusieurs jours, des messages alarmants circulaient sur les réseaux sociaux, évoquant des morts inexpliquées, des fièvres violentes et des cas d’hémorragies dans les structures sanitaires de cette cité minière enclavée de l’Ituri.Rapidement, la peur d’une nouvelle flambée d’Ebola s’est propagée. « Depuis ce matin, nous étions en alerte sur les réseaux sociaux que l’épidémie avait commencé, mais nous attendions l’annonce officielle », confie un médecin proche du dossier à Mongbwalu, qui a requis l’anonymat en raison de la sensibilité du dossier.Selon lui, les premiers signes remontent à la mi-avril. « Il y avait des cas que nous ne maîtrisions pas, avec de nombreux décès que nous ne comprenions pas. Puis des experts sont venus acheminer les échantillons », explique-t-il.À Mongbwalu, les premiers signaux d’alerteSur le terrain, les soignants décrivent une situation tendue et encore confuse. « Il n’y a pas encore de déclaration finale », poursuit le médecin.Dans l’hôpital de Mongbwalu, les équipes médicales tentent de maintenir une prise en charge minimale malgré le manque de moyens pour isoler les patients. « Nous attendons encore l’équipe technique », affirme-t-il.Ce vendredi 15 mai, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) a officiellement annoncé la déclaration d’une épidémie d’Ebola dans la province de l’Ituri. Dans un communiqué publié depuis Addis-Abeba, l’agence sanitaire de l’Union africaine affirme suivre « de près la situation ».Selon l’organisation, les analyses préliminaires réalisées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont détecté le virus Ebola dans 13 des 20 échantillons testés. Les résultats suggèrent un ebolavirus non-Zaïre, tandis qu’un séquençage est en cours afin de caractériser précisément la souche.Les autorités sanitaires font état d’environ 246 cas suspects et de 65 décès, principalement recensés dans les zones de santé de Mongbwalu et de Rwampara. Quatre décès ont déjà été signalés parmi les cas confirmés en laboratoire. Des cas suspects ont également été rapportés à Bunia, en attente de confirmation.Depuis ce matin, nous étions en alerte sur les réseaux sociaux que la maladie avait commencé, mais nous attendions l’annonce officielle. médecin proche du dossier à MongbwaluUne région sous haute surveillance sanitaireL’Africa CDC s’inquiète particulièrement du risque élevé de propagation dans cette région frontalière, en raison de l’intense mobilité des populations liée aux activités minières de Mongbwalu, de l’insécurité persistante et de la proximité avec l’Ouganda et le Soudan du Sud.« Africa CDC se tient aux côtés du gouvernement et du peuple de la République démocratique du Congo dans leur réponse à cette épidémie », a déclaré Jean Kaseya. « Compte tenu des mouvements importants de populations entre les zones affectées et les pays voisins, une coordination régionale rapide est essentielle. »Quelques heures avant cette annonce, la Division provinciale de la santé de l’Ituri avait déjà dressé un tableau particulièrement préoccupant de la situation sanitaire à Mongbwalu, localité située à près de 90 kilomètres de Bunia.Selon cette note sanitaire, plus de 50 décès inhabituels ont été signalés depuis le début du mois de mai, tant dans les structures de soins que dans les communautés.Entre le 1er avril et le 13 mai 2026, l’Hôpital général de référence de Mongbwalu a enregistré 55 décès sur 245 patients admis. Le taux de létalité en médecine interne est passé de 9 % en avril à 31 % en mai.Les autorités sanitaires signalent également la mort de quatre professionnels de santé en seulement quatre jours, un élément qui renforce les inquiétudes autour d’une éventuelle transmission nosocomiale.Les premiers tests de laboratoire se sont révélés négatifs pour Ebola Zaïre, la dengue, le choléra, le MPOX ou encore le Covid-19. Mais plusieurs symptômes observés chez les patients — fortes fièvres, céphalées, vomissements, épistaxis, hématémèses et vomissements noirâtres — ont conduit les équipes médicales à envisager l’hypothèse d’une fièvre hémorragique aiguë.Dans la communauté, la psychose s’est rapidement installée. Les autorités rapportent que certaines rumeurs attribuent les décès à des causes mystiques. Dans une même famille, quinze personnes seraient mortes en l’espace de deux semaines après une réunion familiale. Selon des témoignages recueillis sur place, certains habitants évoquent un « Tumu », un fétiche qui aurait été brûlé par un pasteur, provoquant selon les croyances locales une série de morts inexpliquées.Compte tenu des mouvements importants de populations entre les zones affectées et les pays voisins, une coordination régionale rapide est essentielle.Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDCParmi les cas recensés figurent une infirmière de 45 ans décédée après plusieurs jours de fièvre persistante et de saignements, un homme de 55 ans présentant de sévères symptômes hémorragiques, ainsi qu’une adolescente enceinte de six mois souffrant de convulsions et d’épistaxis.Le virus Ebola reste une maladie souvent mortelle, malgré de récents vaccins et traitements. Cette fièvre hémorragique hautement contagieuse a fait 15 000 morts en Afrique au cours des cinquante dernières années. L’épidémie d’Ebola la plus meurtrière en RDC, survenue entre 2018 et 2020, avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades.La transmission humaine du virus se fait par les fluides corporels, avec pour principaux symptômes des fièvres, vomissements, saignements et diarrhées. Les personnes infectées ne deviennent contagieuses qu’après l’apparition des symptômes, après une période d’incubation allant de deux à 21 jours.
RDC : ce que l’on sait de l’épidémie d’Ebola déclarée en Ituri
Quatre décès confirmés et des centaines de cas suspects ont été signalés dans la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC. À Mongbwalu, où circulaient depuis plusieurs jours des rumeurs de morts inexpliquées et de fièvres hémorragiques, les autorités sanitaires craignent une nouvelle flambée d’Ebola.










