C’est une intervention des secours qui aurait pu virer au drame. Ce lundi 18 mai, suite à un accident corporel entre deux voitures peu avant 16 heures sur la RD 471 à Chevry-Cossigny (Seine-et-Marne), les secours arrêtent le trafic routier et mettent en place les cônes, triangles et autres objets de signalisation pour sécuriser la zone et permettre aux pompiers d’agir. Les automobilistes engagés sur cette voie départementale sont contraints de ralentir, voire de s’arrêter.Mais l’un d’eux ne l’entend pas de cette oreille. Âgé de 38 ans, lassé d’attendre, il effectue un dépassement à contresens pour forcer le barrage de police. Un pompier qui se trouvait dans la zone de balisage lui fait signe de s’arrêter. Mais il est légèrement heurté par la voiture. Déséquilibré, il essaie de se retenir à la voiture par la fenêtre du conducteur, mais ce dernier accélère. Le pompier tombe au sol.Comment contraindre à s’arrêter ce chauffard qui semble prêt à tout ? Un policier décide alors de sortir son arme. Il la pointe clairement vers l’automobiliste. Celui-ci stoppe net. Un suraccident est évité.« Le risque zéro n’existe pas »Interpellé, le conducteur est placé en garde à vue au commissariat de Melun Val de Seine à Moissy-Cramayel. Par chance, le pompier âgé de 47 ans n’est pas blessé. Mais il a déposé plainte, tout comme le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis 77).« L’automobiliste est poursuivi pour violences sur personne chargée d’une mission de service public sans incapacité totale de travail. Il encourt une peine maximale de trois ans », précise Jean-Michel Bourlès, le procureur au tribunal judiciaire de Melun. Selon les examens réalisés, le chauffard n’avait consommé ni alcool ni stupéfiants. Sa garde à vue a été levée ce mardi en fin de journée, il sera convoqué ultérieurement au commissariat.« C’est notre hantise. Même en mettant les dispositifs réglementaires avant l’intervention de secours, le risque zéro n’existe pas », réagit un ancien pompier du centre d’intervention et de secours de Brie-Comte-Robert.Il parle en connaissance de cause car il a vécu ce type de situation en 2018. En pire. « C’était sur la Francilienne. Il y avait eu un accident. J’ai été percuté par un poids lourd car le conducteur filmait… Au dernier moment il a donné un coup de volant, mais il a shooté dans les cônes et m’a projeté. Je me suis mis à rouler du bon côté, sinon le semi-remorque me passait dessus ». Le chauffard a continué sa route sans s’arrêter. « J’ai déposé plainte contre X, auteur non identifié… », souffle l’ancien soldat du feu Il s’en est sorti avec plusieurs mois d’arrêt de travail, suite à une luxation de l’épaule.