Un faux air d’émission de téléréalité. Quelques jours après la prestation très remarquée du ministre des Affaires étrangères Marco Rubio, le 5 mai devant la presse, c’était au tour du vice-président, JD Vance, d’affronter les questions des médias. Les deux sont considérés comme les favoris pour succéder à Donald Trump comme candidat du parti républicain, aux élections présidentielles de 2028 aux États-Unis.« Je ne suis pas un potentiel futur candidat », a pourtant voulu assurer JD Vance ce mardi. Il avait récemment plaisanté sur un possible duel avec le chef de la diplomatie, orchestré par Donald Trump lui-même. « Cela ne ressemblerait vraiment pas au président des États-Unis d’avoir un jeu télévisé pour savoir qui lui succéderait », avait-il lancé la semaine dernière.Ce alors que Donald Trump s’est évidemment fait connaître du grand public en animant un jeu télévisé, « The Apprentice : qui veut le job ». Le concept : des candidats s’affrontent pour décrocher un poste auprès du milliardaire new-yorkais, lequel les élimine un à un avec sa désormais célèbre expression « Vous êtes virés ». D’autres ont comparé les interventions publiques des figures majeures de l’administration à The Office, la série satirique, sous forme de faux documentaire, qui soulignait l’absurde de tous ses personnages.Après Marco Rubio, JD Vance jouait mercredi le remplaçant d’un jour de la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, en congé maternité. Dans la salle de presse bleue, comble et agitée, le vice-président a recyclé une plaisanterie qu’avait faite le secrétaire d’État au même endroit.JD Vance blagueur face aux médias« J’ai un pense-bête qui me dit qui désigner et surtout qui ne pas désigner », a-t-il lancé, en montrant un plan des sièges attribués à tel ou tel média. Le vice-président s’est appuyé sur la fiche pour choisir des journalistes, quand il n’a pas fait en fonction de la couleur des cravates ou d’un accessoire en particulier.Vidéo« Que le Vatican s’en tienne aux questions morales » : JD Vance en remet une couche sur les critiques vis-à-vis du pape Leon XIV« Je ne connais pas votre nom. Mais vous portez une belle croix autour du cou donc allez-y », a dit ce fervent catholique à une représentante de LindellTV, chaîne créée par un ardent partisan de Donald Trump. Comme Marco Rubio, JD Vance a blagué sur le « chaos » entourant sa conférence de presse, alors que les journalistes s’époumonaient pour attirer son attention.« Si vous posez deux questions, je ne peux promettre que de répondre à une. En fait, je suis un politicien, donc peut-être que je ne répondrai à aucune », a-t-il aussi lancé à un reporter. Le conservateur de 41 ans a été abondamment interrogé sur l’Iran et sur la création par le ministère de la Justice d’un « fonds » devant indemniser les partisans de Donald Trump qui auraient été maltraités par la précédente administration, celle du démocrate Joe Bien.En Iran, la guerre « n’est pas éternelle »Sur ces deux sujets très sensibles, il s’est efforcé d’éviter toute dissonance. Sur le conflit au Moyen-Orient, il a assuré qu’il ne s’agissait pas d’une « guerre éternelle » et a soutenu comme le président américain que l’Iran ne devait jamais pouvoir se doter de l’arme nucléaire. Cela alors que ses réticences face au conflit sont connues.Quant au fonds d’indemnisation, le vice-président a dit qu’il faudrait juger « au cas par cas » qui serait destinataire de cet argent public. Il n’a pas exclu formellement que les assaillants du Capitole le 6 janvier 2021, qui ont tenté d’empêcher la certification de l’élection de Joe Biden et que Donald Trump a graciés en masse, en bénéficient.JD Vance a aussi sermonné un journaliste qui l’interrogeait sur des transactions boursières du président, accusé par l’opposition démocrate d’avoir profité de sa fonction pour s’enrichir.Vance et la fidélité à TrumpDonald Trump « n’est pas assis dans le Bureau ovale derrière son ordinateur en train d’acheter ou de vendre des actions. C’est absurde », a plaidé le vice-président. Semblant donc vouloir dire que ce qui poserait problème serait que Donald Trump soit l’auteur direct de ces transactions.Il a aussi été interrogé sur la décision du président américain de soutenir Ken Paxton pour une primaire républicaine au Texas, favorisant un fidèle empêtré dans des scandales plutôt que le sénateur sortant John Cornyn, soutenu par la hiérarchie du parti. « Quand cela comptait vraiment, Ken Paxton a été là pour le pays, là pour le président, voilà pourquoi il a au bout du compte décroché le soutien » présidentiel, a dit JD Vance.L’ancien sénateur de l’Ohio a bien compris que pour Donald Trump, dont l’autorité sur le parti républicain n’est pour le moment pas contestée, la loyauté l’emportait sur toutes les autres considérations.