Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Espagne Espagne Espagne Tribune Daniel Gascon Editeur et traducteur L’écrivain Daniel Gascon explique, dans une tribune au « Monde », que les prises de position du premier ministre espagnol sur la politique de Donald Trump ou la situation au Moyen-Orient lui ont valu de violentes attaques de la part de dirigeants étrangers. Mais son affirmation sur la scène internationale contraste avec sa faiblesse sur le plan intérieur. Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Alors qu’une grande partie du monde est soumise à des forces politiques qui défendent la loi du plus fort, le rejet de l’autre, la fin des politiques de transition écologique et le recul du féminisme, alors que le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Mark Rutte, appelle « papa » le président des Etats-Unis, Donald Trump, et que la plupart des pays semblent accepter ce que le politologue américain Stephen Holmes nomme la « hiérarchie sans ordre », l’Espagne de Pedro Sanchez fait figure d’exception. En effet, le président du gouvernement espagnol est l’un des rares premiers ministres européens de gauche. Président de l’Internationale socialiste, il a été l’un des dirigeants occidentaux les plus critiques de l’action d’Israël dans la bande de Gaza. Il a reconnu l’Etat palestinien, s’est opposé aux bombardements israéliens et américains contre l’Iran, et a déclaré que l’Espagne ne respecterait pas l’objectif de 5 % du produit intérieur brut (PIB) consacré à la défense, ce que M. Trump exige de ses alliés de l’OTAN. De surcroît, il a refusé que les avions américains à destination de l’Iran utilisent les bases partagées avec les Etats-Unis sur le territoire espagnol. Sur la scène internationale, sa cote de popularité s’est encore renforcée grâce à un sommet organisé à Barcelone, les 17 et 18 avril, et intitulé Global Progressive Mobilisation (« mobilisation progressiste mondiale »), auquel ont participé la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, et le président du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva. Sa politique migratoire tranche aussi avec l’air du temps : M. Sanchez a annoncé, à la mi-avril, une régularisation massive d’immigrés. Ses prises de position lui ont valu de violentes attaques de la part de dirigeants comme Donald Trump et le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, sans parler d’Elon Musk ou de Bruno Retailleau en France, qui a proposé de « mettre l’Espagne au ban des nations européennes ». Il vous reste 69.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Dans un pays aussi polarisé que l’Espagne, c’est le positionnement international de Pedro Sanchez qui suscite la plus grande adhésion »
TRIBUNE. L’écrivain Daniel Gascon explique, dans une tribune au « Monde », que les prises de position du premier ministre espagnol sur la politique de Donald Trump ou la situation au Moyen-Orient lui ont valu de violentes attaques de la part de dirigeants étrangers. Mais son affirmation sur la scène internationale contraste avec sa faiblesse sur le plan intérieur.








