La gestion du détroit d’Ormuz, dans les mains d’une nouvelle agence iranienne. L’Iran a annoncé lundi la création officielle d’un organisme chargé d’approuver les passages dans ce carrefour stratégique où transite 20 % du pétrole mondial. Que recouvrent ses missions ? Quelles réactions suscite-t-elle ? On fait le point.Qu’est-ce que cette nouvelle agence ?L’annonce a été relayée par la Marine des Gardiens de la révolution et le Conseil suprême de sécurité nationale. Un nouvel organisme, l’Autorité du détroit du Golfe persique (« Persian Gulf Strait Authority »), va désormais fournir « des mises à jour en temps réel sur les opérations » dans le détroit.Plus tôt dans le mois, la télévision d’État iranienne Press TV avait déjà présenté cet organisme comme un « système destiné à exercer la souveraineté » de l’Iran sur le détroit d’Ormuz.Quelles missions précises ?Les prérogatives exactes de cette nouvelle entité n’ont pas été dévoilées ce lundi. Mais selon le journal spécialisé Lloyd’s List, elle est « chargée d’approuver les transits de navires et de percevoir des droits de passage dans le détroit d’Ormuz ».En clair, les bateaux circulant dans la zone sont tenus de fournir des informations détaillées sur leur propriétaire, leur assurance, les membres d’équipage et leur itinéraire de transit prévu, d’après la même source. Ils sont chargés de verser des droits de passage pour traverser ce carrefour. D’après CNN, ce péage serait fixé à 2 millions de dollars par navire.En avril, Téhéran avait annoncé avoir perçu les premiers revenus issus de ces péages imposés. Le pays voit derrière cet accès au détroit, la possibilité d’engranger des revenus pouvant contribuer à la reconstruction du pays, après les destructions causées par les frappes américaines et israéliennes.Vers un risque de sanctions ?Au début du mois de mai, les États-Unis avaient déjà prévenu que les navires qui paieraient l’Iran pour un passage sûr à travers le détroit d’Ormuz risqueraient des sanctions. Le département du Trésor des États-Unis avait également averti que les paiements déguisés en dons caritatifs (par exemple au Croissant-Rouge iranien) ou en paiements indirects ne seraient pas autorisés, d’après Reuters.Dans quel contexte ?Le détroit d’Ormuz reste l’une des routes maritimes les plus stratégiques au monde, par laquelle transite environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié dans le monde. Cet axe maritime est devenu un foyer majeur de tensions depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février. Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril, les États-Unis maintiennent de leur côté leur propre blocus des ports iraniens.Preuve que le trafic dans le détroit reste (très) perturbé, seuls 40 navires ont traversé ce carrefour maritime durant une semaine fin avril, d’après le journal Lloyd’s List. Avant la guerre, on comptait en moyenne 120 traversées par jour. Le contrôle iranien de ce passage maritime offre à Téhéran un levier stratégique considérable.Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, des tractations entre l’Iran et les États-Unis sont toujours en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées.L’Iran a réitéré lundi ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l’étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.