« Cuando vienen los americanos (quand les Américains arriveront) », est une expression employée à Cuba depuis des décennies, qui pourrait bientôt prendre tout son sens. Dans un contexte de fortes tensions entre les deux pays, le média Axios révèle que le régime castriste discute depuis peu de plans de riposte visant à attaquer la base américaine de Guantanamo, des navires militaires américains ou encore Key West, ville de Floride située à près de 150 km de La Havane.À ces fins, Cuba aurait récemment acquis plus de 300 drones militaires, selon des renseignements classifiés obtenus par Axios. Une nouvelle menace à bas coût qui inquiète Washington. Selon un haut responsable américain cité dans l’article, des conseillers militaires iraniens, pays qui maîtrise les techniques de la guerre des drones, seraient présents à La Havane.Le régime communiste acquiert depuis 2023 différents types d’aéronefs auprès de la Russie et de l’Iran, ses alliés. Ils seraient stockés dans plusieurs zones stratégiques de l’île. Et depuis plusieurs semaines, La Havane solliciterait de plus en plus Moscou pour se fournir en équipements militaires.Les médias d’État cubains ont publié des images de civils recevant un entraînement militaire, dans le cadre de ce que Fidel Castro envisageait comme la « guerre de toute la population », au cours de laquelle les Cubains armés par le gouvernement mèneraient une guérilla d’usure - plutôt qu’un affrontement entre armées - contre les envahisseurs étrangers.« Menace extraordinaire »Ces renseignements, issus de sources américaines, sont à prendre avec précaution puisqu’elles pourraient potentiellement être utilisées pour justifier une opération militaire américaine à Cuba. Les États-Unis imposent depuis plusieurs mois un blocus énergétique à l’île communiste, invoquant la « menace extraordinaire » que Cuba ferait peser sur la sécurité nationale américaine.Washington a ainsi justifié le durcissement des sanctions contre La Havane, déjà soumis à un embargo depuis 1962, et notamment l’imposition d’un blocus pétrolier de facto contre l’île depuis janvier. Donald Trump avait alors menacé de représailles tout pays souhaitant fournir ou vendre du pétrole à l’île caribéenne. Plusieurs sources américaines allèguent aussi de la présence de bases d’écoute chinoises sur l’île, ce que dément La Havane.À plusieurs reprises ces derniers mois, Donald Trump a fait savoir qu’il voulait renverser le régime cubain. La pression devrait continuer à monter. Plusieurs médias américains ont rapporté jeudi que les États-Unis cherchent à inculper l’ex-président cubain Raúl Castro, âgé de 94 ans, en se basant sur une affaire remontant à 1996, lorsque deux avions civils pilotés par des opposants à Fidel Castro avaient été abattus.Plans de riposteLe directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu jeudi à La Havane pour une réunion exceptionnelle avec de hauts responsables cubains. Les autorités cubaines ont précisé que cette rencontre visait à « contribuer au dialogue politique » entre les deux adversaires idéologiques qui, malgré de fortes tensions, poursuivent leurs échanges. Les Cubains se sont attachés à démontrer qu’ils ne représentaient aucune menace vis-à-vis de Washington.Dès lors, les plans cubains viseraient à préparer la riposte dans l’hypothèse d’une attaque américaine. Les renseignements américains ne considèrent en effet pas le régime castriste comme une menace imminente, qui planifierait activement d’attaquer les États-Unis. Mais à La Havane, devant les velléités répétées de l’administration Trump, le gouvernement n’a d’autre choix que préparer à tous les scénarios possibles.Dans ce sens, la défense civile à Cuba a diffusé ces derniers jours un « guide de la famille » destiné à la « protection face à une agression militaire ». Préparation d’un sac à dos, médicaments, produits d’hygiène… Le document donne des informations « pratiques » afin de « protéger la vie face à des possibles attaques de l’ennemi ».
Drones, Guantanamo, conseillers iraniens… Cuba prépare sa riposte en cas d’attaque américaine
Washington fait planer depuis plusieurs mois la menace d’un renversement du régime cubain, obligeant ce dernier à s’organiser dans l’hypothè











