Un incendie s’est déclaré après une frappe de drone près de la centrale nucléaire de Barakah aux Émirats arabes unis, sans faire de blessés ni provoquer de hausse de radioactivité, a annoncé dimanche le service de presse du gouvernement local d’Abou Dhabi.« Les autorités d’Abou Dhabi sont intervenues après un incendie survenu dans un générateur électrique situé à l’extérieur du périmètre intérieur de la centrale nucléaire de Barakah […] à la suite d’une frappe de drone », a précisé ce service dans un communiqué.« Aucun blessé n’a été signalé et aucun impact sur les niveaux de sûreté radiologique n’a été constaté », selon la même source qui n’a pas précisé l’origine du tir.Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a exprimé dimanche « sa profonde préoccupation ».« Toute activité militaire menaçant la sûreté nucléaire est inacceptable », a ajouté le patron de l’agence de l’ONU pour la sécurité nucléaire. L’agence a ajouté avoir été informée par les Émirats « que les niveaux de radiation à la centrale nucléaire de Barakah rest [ai] ent normaux et qu’aucun blessé n’a [vait] été signalé ».

Construite par un consortium sud-coréen mené par le fournisseur d’énergie KEPCO, la centrale nucléaire de Barakah a entamé ses opérations en 2020. Elle produit 40 térawattheures par an et couvre jusqu’à 25 % des besoins en électricité des Émirats, riche pays pétrolier, selon l’opérateur public Emirates Nuclear Energy Corporation (ENEC).Installée à plus de 200 kilomètres à l’ouest de la capitale Abou Dhabi, la centrale est située à proximité des frontières de l’Arabie saoudite et du Qatar voisins. Elle est ainsi plus proche de la capitale qatarie Doha que des grands centres de populations des Émirats.Les Émirats arabes unis avaient été le deuxième pays de la région à se doter d’une centrale nucléaire, après l’Iran, et le premier dans le monde arabe.Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par une offensive israélo-américaine contre la République islamique le 28 février, les Émirats ont été ciblés par plus de 2 800 missiles et drones, essuyant l’essentiel des salves de représailles iraniennes parmi les monarchies du Golfe.Les Émirats arabes unis, alliés de Washington, comptent parmi les rares pays arabes à avoir normalisé leurs relations avec Israël, à la suite de la signature des accords d’Abraham en 2020.Au début du mois, les Émirats ont imputé à la République islamique une frappe de drone contre une installation énergétique à Fujaïrah, dans l’est du pays, ce que l’Iran a démenti.L’Iran a accusé à plusieurs reprises les États du Golfe d’avoir permis aux forces américaines de mener des attaques depuis leurs territoires et, cette semaine, la tension est montée d’un cran après que des informations de presse ont fait état de frappes menées directement par les Émirats et l’Arabie saoudite contre l’Iran pendant la guerre.Vendredi, les Émirats arabes unis ont rejeté « catégoriquement » les allégations de Téhéran, qui les a accusés depuis le sommet des pays Brics en Inde de jouer un rôle « actif » aux côtés des États-Unis et d’Israël dans la guerre contre l’Iran.