Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Judith Crico pour « Le Monde » Société Société Société Aide sociale à l'enfance Aide sociale à l'enfance Aide sociale à l'enfance Par Minh Dréan Publié aujourd’hui à 05h45, modifié à 12h55 Article réservé aux abonnés ReportageLorsqu’un mineur commet une infraction, le juge peut le placer au sein des 370 familles d’accueil sur le territoire français. Alors que le ministère a lancé une campagne pour recruter plus de familles, celles-ci racontent le difficile équilibre entre recadrage et reconstruction d’un lien. Dans le nord de la Nouvelle-Aquitaine, au milieu des vergers et des champs, Alexandra (les personnes citées par leur seul prénom ont requis l’anonymat), 47 ans, nous reçoit dans sa grande maison, où vit une petite troupe : ses six enfants, les deux adultes handicapés de 58 ans et de 48 ans pour lesquels elle est accueillante familiale, et les deux jeunes suivis par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), placés. Paul (tous les prénoms des mineurs ont été modifiés), 14 ans, est arrivé chez elle le 24 décembre 2025, à la suite d’un défèrement à l’issue de sa garde à vue. Au départ, il s’agissait d’un placement provisoire, préalable à un séjour en centre éducatif renforcé (CER) – qui reçoit des mineurs de 13 à 18 ans placés dans un cadre pénal. « J’ai demandé à rester ici parce que je m’y sentais bien, assure Paul. Mais je sais qu’à la moindre bêtise, c’est direction le CER. » Pas de quoi déstabiliser Alexandra, qui, en seize ans, a vu une cinquantaine d’adolescents défiler chez elle. Elle fait partie des 370 familles d’accueil sur lesquelles s’appuie la PJJ, un nombre jugé insuffisant – le ministère a lancé une campagne active de recrutement de nouvelles familles début 2026. Lorsqu’un mineur commet une infraction, le juge peut décider de le placer, dans le cadre de son suivi judiciaire. L’accueil s’effectue en hébergement collectif ou individuel, ou en famille d’accueil. D’après les chiffres fournis par le ministère de la justice, en 2024, environ 5 400 jeunes étaient placés, dont 27 % en famille d’accueil ou lieux de vies – 41 % en foyers, 10 % en CER, 21 % en centres éducatifs fermés et 1 % en détention. Il vous reste 80.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.