France PolitiqueRenaissanceLRPSEELVRNÉlectionsLFIPolitique. Le président du RN mène une opération séduction vis-à-vis du chancelier allemand, qu'il considère comme un partenaire européen incontournable, loin du positionnement de Marine Le Pen en 2022.Publié le 15/05/2026 à 12:02bookmarkJordan Bardella assiste à une conférence de presse organisée par le parti européen Patriots.eu à Porto, au Portugal, le 22 avril 2026.REUTERSLe volte-face n’a pas fait l’objet d’une publicité exacerbée. Début février, Jordan Bardella a été reçu, pour la première fois, en toute discrétion, par l’ambassadeur allemand. La rencontre a été "très courtoise, les échanges très chaleureux", roucoule-t-on côté Rassemblement national. Ce mardi 12 mai, c’est dans les pages du Frankfurter Allgemeine Zeitung que l’on retrouve le président du RN - et potentiel candidat à l’élection présidentiel -, pour un long entretien accordé au quotidien de droite allemand. Jordan Bardella y confie tout le bien qu’il pense désormais des relations franco-allemandes, qui constituent, selon lui, "le fondement de l’Europe et sont essentielles pour garantir demain l’indépendance et l’autonomie stratégique des nations européennes".Un revirement de taille, pour le parti d’extrême droite, par rapport à 2022. Dans son projet présidentiel, Marine Le Pen critiquait vivement "l’abandon de l’industrie de défense par Emmanuel Macron avec ses coopérations déséquilibrées avec l’Allemagne" et réclamait l’arrêt des "coopérations structurantes" avec cette dernière, notamment sur les avions d’armes et les chars de combat. "La relation avec l’Allemagne sera largement remaniée, pouvait-on lire dans le livret programmatique du parti consacré à la défense. Partant du constat d’une profonde et irrémédiable divergence de vues doctrinale, opérationnelle et industrielle avec Berlin, notamment dans le domaine de la dissuasion nucléaire et de l’exportation d’armement, Paris mettra fin aux coopérations structurantes engagées depuis 2017, qui ne correspondent pas à sa vision d’une défense souveraine et retirera son soutien à la revendication allemande d’un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations unies."