Il va falloir s’y mettre. La campagne des impôts 2026 est ouverte depuis le 9 avril, avec pour beaucoup d’entre vous, cette appréhension de ne pas réussir à remplir correctement sa déclaration de revenus. Il faut reconnaître que certains concepts peuvent apparaître complexes. Taux marginal d’imposition, revenu fiscal de référence, abattement, crédit d’impôt…. Si vous ne comprenez rien à votre feuille d’impôts, voici un lexique pour vous aider à y voir plus clair.Prélèvement à la sourceC’est peut-être le concept avec lequel vous êtes le plus familiarisé à travers votre fiche de salaire. Tous les mois, en bas de celle-ci (mais aussi sur vos bulletins de retraite, d’allocation chômage…), vous trouvez une ligne net à payer. Il s’agit du montant qui est versé directement sur votre compte en banque, une fois les cotisations déduites mais aussi ce que vous devez aux impôts. Depuis 2019, vous vous acquittez en effet de cette somme chaque mois. C’est le prélèvement à la source.L’objectif étant de payer l’impôt au plus près de la perception des revenus, et d’éviter ainsi un décalage d’un an. Le taux est calculé chaque année en septembre, sur la base de votre déclaration au printemps. Il tient compte de vos revenus et de la composition du foyer, mais pas des réductions et autres crédits d’impôt. « Le contribuable a l’obligation d’ajuster son taux à la baisse comme à la hausse en fonction de changements de situation, de salaires… », rappelle Sandra Pirou, expert-comptable spécialisée en gestion du patrimoine au sein du cabinet RSM.Taux marginal d’imposition/taux moyenCes termes sont bien souvent confondus. La différence entre les deux est pourtant importante. « Quand on parle de taux marginal d’imposition, pensez à un escalier », préconise notre expert-comptable. Sur la première marche, pour un revenu imposable compris entre 0 euro et 11 600 euros, vous ne payez pas d’impôt. Pour les revenus compris entre 11 601 jusqu’à 29 579 euros (la deuxième marche), le taux d’imposition est de 11 %. Il est de 30 % entre 29 580 à 84 577 euros, etc... L’impôt sur le revenu est calculé selon un barème progressif, découpé en cinq tranches, chacune dotée d’un taux d’imposition différent.À voir aussiAinsi, si vous êtes seul, sans enfant avec un revenu imposable de 32 000 euros, vous payez 0 % jusqu’à 11 600 euros donc rien, 11 % de vos revenus compris entre 11 601 et 29 579 (1978 euros) et 30 % entre 29 580 euros et 32 000 (726€). Soit un total de 2704 euros.Votre taux marginal d’imposition sera donc le taux qui s’applique à la tranche la plus élevée de votre revenu. Pour reprendre l’image de l’escalier, c’est votre dernière marche. Dans notre exemple, le taux marginal est donc de 30 %. Tout revenu supplémentaire sera imposé au moins à 30 %.Ce qui ne signifie pas que 30 % de ce que vous gagnez est reversé à l’impôt. Pour le savoir, on calcule le taux moyen d’imposition, autrement dit la part de ce que vous donnez à l’État par rapport au total de vos revenus. Soit 8,45 % pour notre célibataire.Réduction d’impôt et crédit d’impôtDans les deux cas, ces avantages visent à diminuer le montant de l’impôt sur le revenu que vous avez à payer. Pour la réduction d’impôt, elle ne s’applique que si vous payez effectivement l’impôt, il n’y a pas de remboursement en cas de surplus. Cela vaut par exemple pour les avantages fiscaux des dons.Ainsi si vous avez donné 100 euros à une association, vous pouvez déduire 66 % de cette somme des impôts dans la limite de 20 % du revenu imposable de votre foyer. Si vous n’êtes pas imposable, vous ne pourrez pas récupérer cette somme.C’est tout la différence avec le crédit d’impôt qui s’applique par exemple pour les frais de garde des enfants ou l’emploi d’un salarié à domicile (heures de ménage, de jardinage, cours particuliers…). « Que vous soyez imposable ou pas, cette somme est à vous », indique l’experte comptable. Soit elle est déduite de votre impôt. Soit, si son montant dépasse ce que vous devez ou si vous ne payez rien, elle vous sera remboursée.AbattementVous en avez sûrement aussi entendu parler. Le résultat est le même, cela vous permet de payer moins d’impôts. Mais le mécanisme est différent : « l’abattement permet de réduire la base imposable de vos revenus », indique l’experte, autrement dit le montant de vos revenus sur lequel sera calculé l’impôt dû. Un abattement de 10 % pour frais professionnels s’applique ainsi automatiquement sur les salaires mais aussi les pensions de retraite perçues. Il existe aussi des abattements propres à certains métiers (journalistes, assistants maternels…).Revenu net imposable, revenu fiscal de référenceLà aussi des termes largement utilisés. Il faut d’abord partir du revenu brut imposable, autrement dit le total de votre salaire net (ou de votre retraite), des revenus mobiliers et plus-values sur les valeurs mobilières… Auxquels il faut appliquer certains abattements (comme les frais professionnels). De ce revenu brut global, vous déduisez ensuite les charges déductibles (pensions alimentaires, cotisations retraites…). Et vous obtenez le revenu net global duquel vous devez déduire certains abattements spéciaux (si vous avez plus de 65 ans, si vous êtes invalides…) pour déterminer votre revenu net imposable. C’est celui-là qui sert pour la tranche d’imposition.Mais ce n’est pas fini. Pour connaître votre revenu fiscal de référence, vous devez ajouter d’autres éléments (les plus values immobilières taxables, certains abattements déductibles…). « C’est ce montant qui est communiqué aux différentes administrations, comme la CAF, pour obtenir une bourse, un logement social », précise Sandra Pirou.Part fiscaleC’est un autre mot souvent utilisé lorsqu’on parle des impôts. Il apparaît sur votre déclaration, et a une incidence directe sur le montant dû. « On paye en effet des impôts proportionnellement au nombre de personnes qui compose le foyer fiscal », explique l’experte-comptable. Le contribuable à la tête du foyer fiscal a une part fiscale, s’ils sont deux (un couple), c’est donc deux parts. « Ensuite, on compte une demi-part pour le 1er enfant, une autre demi-part pour le second, puis une part entière à partir du 3e enfant », poursuit-elle. Dans le détail, un couple marié ou pacsé sans enfant aura deux parts, s’ils en ont deux, ce sera trois parts, et s’ils ont en trois, ce sera quatre parts.Quotient familialCe mécanisme permet de calculer le quotient familial, autrement dit le revenu imposable divisé par le nombre de parts. « C’est le résultat obtenu qui est soumis au barème progressif qu’on multiplie ensuite par le nombre de parts du foyer pour obtenir le montant de l’impôt sur le revenu dû », décrypte notre spécialiste. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…
Impôts 2026 : taux marginal d’imposition, crédit d’impôt, abattement… Ces mots vous font peur ? Ce lexique est fait pour vous
Le vocabulaire utilisé sur votre déclaration de revenus s’apparente à une langue étrangère ? On vous explique ces concepts, pas si compliqué








