Depuis le début de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël, l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz. Des centaines de bateaux sont bloqués dans cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole. De quoi largement perturber les marchés mondiaux et conférer à Téhéran un levier stratégique de taille.Face aux aléas géopolitiques, les transporteurs sont forcés de s’adapter. Nombre d’entre eux doivent ainsi contourner la pointe sud de l’Afrique pour poursuivre leur route. De quoi allonger leur temps de trajet de plusieurs semaines et engendrer des dépenses massives. Selon des estimations, le coût de ce changement d’itinéraire est estimé à un million de dollars par navire.Surtout, les cargos traversent une zone maritime particulièrement sensible, le bassin somalien, haut lieu de la piraterie jusqu’au milieu des années 2000. Le média CNN révèle ce vendredi que les pirates somaliens profitent depuis plusieurs semaines de cette augmentation du trafic afin de détourner des navires commerciaux.Trois navires capturésD’après le Centre des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO), deux pétroliers et un cargo sont actuellement entre les mains de pirates somaliens, capturés entre le 21 avril et le 2 mai. L’un d’eux a été détourné au large du Yémen et dérouté vers la Somalie. Des pirates exigeraient dix millions de dollars pour relâcher l’un des pétroliers, selon plusieurs médias.« Les récents actes de piraterie sont le fruit de l’opportunisme, les routes maritimes internationales étant modifiées en fonction des crises géopolitiques », constate le député somalien Mohamed Dini auprès du média américain, avertissant que les réseaux de piraterie forgent des alliances avec les rebelles houthistes du Yémen, lesquels font peser une menace constante sur la mer Rouge.Au large des côtes somaliennes, les actes de piraterie se sont intensifiés au début des années 2000 avec l’effondrement du gouvernement somalien. Des milliers de marins ont été capturés ou pris pour cible, les pirates exigeant des millions de dollars de rançons. La Banque mondiale estime qu’entre 2005 et 2012, le montant total des rançons s’est élevé entre 339 et 413 millions de dollars.Les pirates attaquent les navires dans le golfe d’Aden, voire plus loin dans l’océan Indien. Rien qu’2011, l’apogée du mouvement, environ 212 attaques ont été recensées. Depuis, la menace tend à s’estomper, notamment parce qu’une coalition internationale dirigée par l’Otan a permis de sécuriser la zone, avec des patrouilles régulières.En janvier dernier, un rapport de Commercial Crimes Services, une branche de la Chambre de Commerce Internationale (ICC), indiquait que seuls quelques incidents avaient été recensés en 2025. « L’absence de résurgence à grande échelle de la piraterie somalienne continue de témoigner du fort effet dissuasif d’une présence navale soutenue », était-il indiqué.