Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Immigration et diversité Immigration et diversité Immigration et diversité Chronique Pierre-Cyrille Hautcœur Directeur d’études à l’EHESS (Ecole d’économie de Paris) La fermeture des frontières n’améliore pas la situation des travailleurs les plus modestes, constate l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur, dans sa chronique au « Monde », en s’appuyant sur l’histoire migratoire des Etats-Unis. Publié le 13 mai 2026 à 05h30 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Les récents propos de François Ruffin qui s’est déclaré « hostile à l’immigration pour le travail » provoquent des débats justifiés sur un terrain trop souvent réservé à l’idéologie. Choisir des politiques appropriées demande, de fait, de prendre en compte un grand nombre d’effets indirects, et de penser à long terme. Quoi de mieux que d’observer le cas de la restriction de l’immigration la plus importante de l’histoire : celle des Etats-Unis dans les années 1920 ? Après des afflux importants d’immigrés à partir des années 1880, le pays a établi des barrières à l’encontre des Asiatiques, juste avant la première guerre mondiale, et en 1920, a imposé des quotas sévères aux Européens. Une étude américaine d’octobre 2025, « Immigration Restrictions and Natives’ Intergenerational Mobility: Evidence from the 1920s US Quotas » (« restrictions en matière d’immigration et mobilité intergénérationnelle des autochtones : les enseignements tirés des quotas des années 1920 »), apporte une analyse quantitative détaillée de cet épisode. James Feigenbaum, Yi-Ju Hung, Marco Tabellini et Monia Tomasella y exploitent la numérisation complète des recensements états-uniens. Ils analysent l’impact à long terme de ces quotas sur le devenir des différentes catégories sociales et professions. Grâce à ces données, ils peuvent distinguer les zones géographiques directement affectées par l’immigration et éviter de confondre l’effet des quotas avec d’autres évolutions. Ils montrent ainsi que l’impact varie considérablement selon les groupes sociaux et professionnels. Globalement, les Noirs pauvres, qui sont les plus directement concurrencés par les immigrés peu qualifiés, ne bénéficient pas significativement de la baisse de cette concurrence. En ce qui concerne les autres catégories sociales, elles voient leur situation se détériorer : une partie se retrouve à remplir des emplois peu qualifiés qui étaient occupés par les migrants, alors qu’auparavant elles bénéficiaient d’une complémentarité de leurs qualifications avec cette population récemment arrivée. C’est particulièrement observable pour tous ceux qui n’ont pas pu ou voulu se déplacer vers les régions les plus dynamiques : leurs salaires en 1940 ont pris un retard important par rapport aux plus mobiles. Il vous reste 44.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« L’immigration renforce l’incitation à la formation et l’arrêt de l’immigration réduit cette incitation »
CHRONIQUE. La fermeture des frontières n’améliore pas la situation des travailleurs les plus modestes, constate l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur, dans sa chronique au « Monde », en s’appuyant sur l’histoire migratoire des Etats-Unis.







