Tania et Jenia, 15 ans, ont été déportées de Kherson dans un centre de vacances en Crimée, où elles sont restées cinq mois et demi. A Kiev, le 22 mars 2023. ADRIEN VAUTIER/LE PICTORIUM POUR « LE MONDE »
Moscou met en place un réseau à grande échelle et « sans précédent » visant à intégrer les enfants ukrainiens déportés dans la machine de guerre russe. C’est ce que documente le rapport du laboratoire de recherche humanitaire de l’université américaine Yale (HRL), publié mardi 16 septembre et intitulé « Les enfants volés de l’Ukraine : au cœur du réseau russe de rééducation et de militarisation ». Il révèle la capacité logistique et opérationnelle mise en œuvre par le Kremlin pour russifier ces enfants arrachés à leur pays – jusqu’à 35 000 d’entre eux sont actuellement aux mains de la Russie, selon les estimations du HRL.
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Le rapport répertorie l’existence d’au moins 210 établissements à travers la Russie et dans les territoires ukrainiens occupés afin de les soumettre à une « rééducation » et à une militarisation forcées. L’ampleur du réseau, en plein développement, est vertigineuse. Il s’étend de la mer Noire à la côte est de l’océan Pacifique, en passant par la Sibérie, et couvre « plus de 3 500 miles [5 600 kilomètres] et cinquante-neuf régions en Russie et dans l’Ukraine occupée ».






