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e 7 juillet, le président Emmanuel Macron a réuni le conseil de défense et de sécurité nationale pour lutter contre l’islamisme et les phénomènes de séparatisme et d’entrisme. Au-delà du sujet traité, on peut s’interroger sur la multiplication des réunions de ce conseil et sur le contraste entre le secret qui préside à ces échanges et la publicité des mesures annoncées. Ce paradoxe est au cœur d’un nouveau mode de gouvernance fondé sur le concept de sécurité nationale.

Ce concept n’a aucun fondement dans la Constitution française. Il a été importé – et de facto imposé – par le président Nicolas Sarkozy en 2008, et trouve son origine aux Etats-Unis dans la loi sur la sécurité nationale adoptée en 1947. Le concept de sécurité nationale et le conseil auquel il a donné naissance ont transformé en profondeur l’équilibre des pouvoirs dans les deux pays. En important cette notion américaine, le chef de l’Etat français en a repris les avantages, au premier rang desquels sa malléabilité pour l’adapter aux menaces, mais également ses nombreuses faiblesses.

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