Rosa Roisinblit dans sa maison de Buenos Aires, en juillet 2016. JUAN MABROMATA/AFP

Figure emblématique des Grands-Mères de la place de Mai et de la lutte contre la dictature argentine, dont elle avait fait traduire des responsables devant les tribunaux, Rosa Roisinblit est morte, samedi 6 septembre, à l’âge de 106 ans. « Les Grands-Mères de la place de Mai font leurs adieux avec tristesse à leur très chère compagne Rosa Tarlovsky de Roisinblit, [leur] vice-présidente jusqu’en 2021, date à laquelle, en raison de son âge avancé, elle est devenue présidente d’honneur de l’institution », a annoncé l’organisation sur son site.

Née en 1919 à Moises Ville, un village d’immigrants juifs dans le centre-est du pays, Rosa Roisinblit exerçait comme obstétricienne quand elle a vu sa vie basculer, le 6 octobre 1978, jour où sa fille Patricia Roisinblit et son gendre José Pérez Rojo, tous deux militants de l’organisation armée péroniste Montoneros, en lutte contre la junte, sont enlevés. Leur fille Mariana, âgée de 15 mois, est rendue à sa famille et sera élevée par Rosa, sa grand-mère. Mais Patricia, enceinte de huit mois, est transférée au centre de détention et de torture clandestin de l’Ecole de mécanique de la marine de Buenos Aires où, quelques jours après avoir donné naissance dans une cave, son bébé lui est enlevé.