A la brigade des mineurs de Marseille, on les avait baptisés « Tic et Tac », deux jumeaux professionnels arrivés ensemble à l’automne 2018. Ils partageaient le même bureau, le même engagement dans la protection de l’enfance et même de l’amitié. Devant la cour criminelle des Bouches-du-Rhône, tout désormais les oppose. Julien P. occupe le box des accusés, détenu depuis quatre ans, jugé pour des viols commis en 2018 sur deux gamins des rues de Manille et pour la détention de milliers d’images pédopornographiques. A l’ouverture de son procès, lundi 1er septembre, l’ex-policier s’est déclaré coupable de toutes les accusations retenues contre lui.

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Un ex-policier de la brigade de protection des mineurs poursuivi pour viols et agressions sexuelles sur deux enfants

Christophe A. est, lui, à la barre des témoins, mardi. Il raconte comment il a « démasqué un pédophile infiltré » au sein du service, mais il ne contient pas ses larmes lorsqu’il explique le prix qu’il a payé pour « avoir fait le travail ». Seul contre tous au point de devenir « un paria », « celui qui a mis le bazar dans cette affaire ». Même lorsque Julien P. avait été incarcéré, aux yeux de certains collègues, il était encore « le délateur ».