Quelle place occupent les questions ethno-raciales dans la négociation collective en matière d’égalité au travail ? Pour le savoir, Manon Torres, post-doctorante en sociologie du travail à la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du travail rattachée au CNAM-CEET, a mené une enquête qualitative publiée en juillet (« La place des questions ethno-raciales dans la négociation collective en matière d’égalité au travail », Valorisation de la recherche n° 20). Fondée sur des entretiens auprès de syndicalistes, de cadres des ressources humaines et sur une analyse documentaire d’accords d’entreprises, cette enquête pointe la faible prise en compte des inégalités ethno-raciales dans les discussions entre partenaires sociaux.

Initialement prégnante, la question ethno-raciale a en effet été progressivement diluée dans la lutte contre tous les types de discriminations (genre, orientation sexuelle, religion, handicap, âge, apparence…). En France, l’action publique ne peut pas cibler directement les groupes ethno-raciaux. « Le seul cadre juridique mobilisable en matière d’inégalités ethno-raciales est le droit antidiscriminatoire – faible et peu contraignant, les auteurs de discriminations étant très rarement traduits en justice », relève Manon Torres.