L
e réalisateur Bertrand Tavernier, dans son film La Mort en direct (1980), dénonçait les ravages du voyeurisme en montrant l’agonie d’une femme, interprétée par Romy Schneider, filmée à son insu pour une émission de télévision. De la télé-réalité au livestreaming (diffusion en direct sur Internet), la réalité a, depuis longtemps, dépassé la fiction.
Mais la mort en direct de Raphaël Graven, connu en ligne sous le nom de Jean Pormanove ou de JP, lundi 18 août, à Contes (Alpes-maritimes), après plus de douze jours de livestream sur la plateforme Kick, où les séances d’humiliation qu’il subissait étaient suivies par des dizaines de milliers d’internautes, dépasse en horreur les pires scénarios.
Elle interroge à la fois sur les mécanismes psychologiques et financiers qui peuvent rendre populaire et lucratif le spectacle du sadisme et sur les moyens de mettre fin à cette nouvelle forme d’exploitation d’êtres humains.
Jean Pormanove, 46 ans, ancien militaire à la santé fragile, subissait depuis des mois moqueries, humiliations et sévices de la part de deux autres hommes lors de séances au cours desquelles les internautes multipliaient, sous le couvert de l’humour, les invectives et les défis dégradants. Les dons versés procuraient un revenu confortable au souffre-douleur, et surtout à ses bourreaux.
















