C
’est une anecdote que j’avais oubliée. Au début des années 1980, à la suite d’un pari perdu, des amis ont imaginé un gage fantaisiste : je devais aller me garer avec ma 125 cc de l’époque sous l’Arc de triomphe et allumer une cigarette à la flamme du Soldat inconnu. Mes deux compères flânaient en touristes sous l’Arc, tandis qu’assez simplement je franchissais le trottoir et roulais droit sous la tutelle du Génie de la Liberté sculpté par Rude pour aller béquiller ma moto. Puis j’ai sorti nonchalamment une cigarette en me dirigeant vers la flamme. Au moment où je me penchais, un agent – policier ou gendarme, je ne sais plus – est sorti de sa guérite et m’a interpellé, m’informant que je ne pouvais pas me garer là ni allumer ainsi une cigarette et que je devais m’en aller immédiatement.
J’ai donc fait demi-tour et suis reparti à moto, avec le sourire et la conscience tranquille d’avoir rempli mes obligations.
En apprenant la condamnation d’un homme à trois mois de prison avec sursis pour avoir allumé sa cigarette à cette même flamme, ce souvenir m’est immédiatement revenu, et je ne me suis pas dit que je m’en étais bien tiré à l’époque, mais que, décidément, des choses avaient bien changé.






