L

e 13 juin, j’étais parmi les représentants de la société civile israélienne et de la société civile palestinienne invités dans les jardins de l’Elysée qui ont écouté le président français réitérer son engagement à reconnaître l’Etat de Palestine. Malgré l’orage qui se préparait et le poids de la realpolitik, il semblait nous dire qu’il tiendrait bon.

Un ami de Gaza et moi, Palestinienne de Bethléem, nous tenions au bord de la foule et applaudissions le plus chaudement possible – comme si nous tentions d’insuffler de la vie dans ses propos. A ce moment-là, Emmanuel Macron avait une allure très présidentielle, surtout par rapport aux figures managériales qui dominent aujourd’hui la scène politique internationale. L’esprit de la République flottait dans l’air (du moins c’est ce que nous ressentions), amplifié par l’absence frappante d’un lourd dispositif de sécurité et par la volonté du président de la République de se mêler librement aux invités.

Mon ami et moi avons échangé un regard. Oserions-nous croire qu’un chef d’Etat pouvait encore avoir le sens de l’honneur, au lieu d’agir uniquement par calcul froid ? Nous avions cessé d’espérer depuis longtemps. Pourtant, à cet instant, l’air était empli d’une fragile espérance.