CÉLIA CALLOIS
« J’étais stressée. J’ai regardé sur Internet : 45 000 euros d’amende pour faux et usage de faux… Mais bon, tout le monde autour de moi l’avait fait. Alors je me suis lancée », raconte Adèle (tous les prénoms ont été modifiés), 23 ans. Depuis un an, elle vit seule à Toulouse dans un petit studio, tout comme son copain. Lui recherche un emploi et touche 900 euros de chômage, elle travaille dans l’associatif, en aidant les enfants défavorisés à faire leurs devoirs, et gagne 1 000 euros net par mois. Chacun d’eux paie 550 euros de loyer hors charges – une somme « beaucoup trop élevée », selon le couple, qui préférerait vivre ensemble dans un seul et même appartement. Ils entament donc une recherche de logement commun, un T3 à Toulouse. Mais les refus s’accumulent. « En six mois, on a eu plus de quinze refus en tout, et, bien souvent, quand on nous demandait d’envoyer le dossier, on ne nous rappelait même pas pour visiter. » Alors, sur les conseils d’amis qui l’avaient déjà fait, ils franchissent la ligne. « On a pris les cartes étudiantes et les certificats de scolarité de nos potes encore en études, et l’on a changé les noms dessus avec Photoshop pour se faire passer pour des étudiants. »






