Des camions à Malanville, au Bénin, à la frontière avec le Niger, le 18 septembre 2023. - / AFP

La junte au pouvoir au Niger depuis juillet 2023 refuse toujours catégoriquement de rouvrir sa frontière avec son voisin béninois, accusé de fomenter des plans de déstabilisation. Le Bénin tente d’arrondir les angles pour sortir de l’impasse, en vain. « Ceux qui souffrent, ce sont les populations des deux pays », déplore Ibrahim Abou Koura, transporteur nigérien établi à Cotonou, la capitale économique béninoise.

Régulièrement, le chef du régime militaire nigérien, le général Abdourahamane Tiani, qui revendique une politique souverainiste, accuse le Bénin d’abriter des « bases militaires françaises » qui formeraient des djihadistes en vue de déstabiliser son pays. A la fin de mai, il a répété que « la frontière avec le Bénin restera[it] fermée », précisant que « le combat n’est pas contre le Bénin » mais « contre les troupes françaises de déstabilisation qui sont sur le territoire béninois et qui peuvent nous nuire ».

Conséquence : depuis deux ans, le volume des échanges humains et commerciaux entre les deux pays s’est considérablement réduit. « Les bus peinent à se remplir, l’engouement n’est plus le même », regrette Ibrahim Abou Koura dans la cour déserte de sa concession du quartier de Zongo, où il stockait autrefois toutes sortes de marchandises provenant ou allant vers les grandes villes nigériennes.