Je gagne 2 100 euros net par mois et cela me suffit amplement pour vivre. Quand on est étudiant à l’Ecole des mines de Paris, on nous met en tête qu’on obtiendra des salaires mirobolants en sortie d’études. Aujourd’hui, deux ans après avoir obtenu mon diplôme, je suis salarié de l’organisation non gouvernementale française Bloom, qui se consacre à la sauvegarde des océans. J’ai commencé là-bas en stage de fin d’études à 1 600 euros par mois. Je suis maintenant en CDI. Je suis très à l’aise pour parler de mon salaire et pour dire que ça n’a pas été un critère pour moi au moment de mon embauche.

Quand on m’interroge sur ma rémunération, je réponds souvent : « A quoi ça sert de gagner 50K [50 000 euros] si c’est pour contribuer à un système qui s’autodétruit et fera perdre sa valeur à l’argent ? » Evidemment, ça génère des discussions avec certains de mes camarades ingénieurs qui ne sont pas aussi conscients des crises en cours et à venir.

Je suis privilégié, j’en ai conscience. Je n’ai pas de prêt étudiant à rembourser, mon père est ingénieur et ma mère autoentrepreneuse. Mes parents gagnent bien leur vie, ils sont propriétaires, et ils m’ont aidé financièrement pendant mes études, ce qui crée évidemment une situation de confort matériel et un sentiment de sérénité.