Cela faisait plusieurs jours que Bruno Retailleau et son homologue marocain de l’intérieur Abdelouafi Laftit étaient en contact étroit pour organiser l’arrestation du commanditaire présumé de plusieurs enlèvements d’entrepreneurs dans le secteur des cryptomonnaies lorsque l’interpellation de Badiss Mohamed Amide B. a eu lieu. C’est finalement un coup de fil du ministre français à M. Laftit, jeudi 29 mai, qui a précipité l’opération qui a permis d’arrêter le jeune homme de 24 ans.
Né au Chesnay, dans les Yvelines, le Franco-Marocain est notamment soupçonné d’avoir orchestré le kidnapping, en janvier 2025, de David Balland, le cofondateur de l’entreprise française Ledger, finalement retrouvé et libéré par le GIGN. Il est également recherché en vertu de deux mandats d’arrêt internationaux émis par deux magistrats, à Versailles et au Mans, pour une séquestration et une tentative d’homicide commises à l’été 2023.
Depuis plusieurs semaines, Bruno Retailleau s’était dit convaincu de l’urgence de la situation. Au cours d’une réunion avec des acteurs de la cryptomonnaie, le 16 mai, à laquelle participaient le préfet de police de Paris et des directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales, le ministre avait fait part de sa « détermination à mettre fin à ces attaques insupportables qui ciblent les professionnels des cryptoactifs », ajoutant que « l’appareil d’Etat est pleinement mobilisé pour retrouver les auteurs et commanditaires de ces violences et les mettre hors d’état de nuire ».







