Un livreur dans la circulation de Lagos (Nigeria), le 12 février 2025. OLYMPIA DE MAISMONT/AFP

C’est la deuxième fois, en deux ans. Dans les semaines à venir, Yemisi Adegboye, commerçante et mère de famille, va à nouveau se faire expulser de chez elle − bien qu’elle paye son loyer. « J’en ai mal au crâne. Un sérieux mal de crâne… parce qu’à chaque fois que tu changes de logement, c’est plus cher que la fois d’avant », raconte en se tenant la tête cette femme de 39 ans rencontrée le 2 mai. De 1,3 million de nairas (environ 725 euros) actuellement, elle craint de passer à « 1,8 [million] ou 2 millions », pour une simple pièce.

La pratique est courante à Lagos, mégalopole tentaculaire et chaotique de 20 millions d’habitants, qui attire chaque année des milliers de Nigérians en quête d’une infime part de son dynamisme économique. Le marché du logement y est très tendu et, avec l’inflation galopante, les propriétaires sont prompts à changer de locataires pour augmenter les loyers. Notamment dans ce quartier d’Ikeja, populaire mais proche des îles centrales. Certains loyers y ont doublé, voire plus. Une illustration parmi d’autres de l’effarante hausse des prix généralisée.

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